Sire Cédric, De fièvre et de sang

¤ Sire Cédric
De fièvre et de sang, 2010
Edition Le pré aux clercs, 2010



* 4ème de couverture

Entre cauchemar et réalité, la course folle de deux traqueurs de démons…

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Sviirta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ? Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique… Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.

* Citation

« Même ici, au sein des marginaux, c’était elle la plus marginale. Ce n’était même pas ironique, c’était un constat, et il avait un goût de désespoir ». p.177

* Avis

Un jour, un livre…
Et bien décidément en ce moment je les enchaine les livres… pas que ça me déplaise au contraire… Et je compte bien lire jusqu’à la lie pendant ce bref répis… Ah si seulement je pouvais me trouver un job où j’étais, vraiment, payer pour bouquiner… Oui je sais nous nous disons tous cela… D’autant que je sais très bien qu’à la longue, mes recherches me manqueraient, et puis n’est-ce pas ce que l’on ne peut avoir qui à tant d’éclats ?
Bref j’arrête là la digression…

Ma rencontre avec le livre ? oh et bien très simple. Vu dans une livre dans le bac des occasions pour pas cher un jour et puis j’avais trouvé d’autres choses. Et puis revenue plusieurs jours (semaines ?) après avec une amie et il était toujours là. Conclusion c’est qu’il était pour moi. Du coup hop sur la pile et du coup hop dans la bibliothèque où il trainait depuis quelques mois. Et oui pas d’histoire exeptionnelle avec celui là, juste un livre qui m’était destiné. Sisi après tout ne m’a t-il pas attendu entre mes deux visites? 
Au final un livre qui ne sera pas resté très longtemps dans ma PAL , contrairement à certains. pourquoi ? Et bien c’est très simple. Figurez vous que l’autre jours j’avais des amis à manger dans ma chambre, genre petit revival des soirées qu’on se faisait quand je vivais en cité U dans 9m² alors que maintenant j’ai un super appart trop bien pour recevoir mais là n’est pas la question. Bref j’étais avec mes amis et l’un deux zieute ma bibliothèque et voit le livre et me dit  » il joue pas dans un groupe l’auteur?  » « Sisi »  » ah je savais pas qu’il écrivait aussi ». Fin de la conversation sur Sire Cédric. Mais du coup ça m’a rappelé que je l’avais dans ma bibliothèque et qu’une amie m’avait dit qu’il était pas mal. ( sachant qu’on avait toutes les deux eut un peu de mal avec un autre livre de lui qu’on a lui quelques années auparavant). Bah du coup ce matin comme j’avais fini L’ainé et qu’il me fallait un livre pour supporter ma journée de musée. Hop dans la musette et ce soir, livre terminé. Merci aux si peu nombreux visiteurs pour m’avoir laissé lire presque toute la journée. Par contre la prochaine fois que je prend des notes (pour une fois que j’y pense) j’essaye de le faire correctement et pas en mode cryptologie…)
Et maintenant vous vous dites mais quand est ce qu’elle passe aux choses serieuses et arrrête de nous raconter sa vie on en a rien à *** ? , enfin pour ceux qui sont parvenus jusqu’ici ? 
Et bien maintenant. 

Donc De fièvre et de sang, de Sire Cédric. Quelques 447 pages, 103 chapitres très courts (deux, trois pages, voire une seule parfois), 6 parties et deux citations encadrant tout ça.

Les citations pour commencer. J’aime bien les citations moi ( ce n’est pas pour rien que j’ai passé plusieurs mois à chercher La citation pour ouvrir mon mémoire). C. Barker et A. Tennyson. Et bien même si ce ne sont pas mes auteurs fétiches, il à du gout le monsieur. D’ailleurs je viens de penser que plusieurs fait présents dans Candyman (C. Barker) se retrouve dans de Fièvre et de sang, un jolis clins d’oeil bien gore quand même et au passage regardez le film si vous le trouvez, ça vaut le détour. Pour Tennyson on retrouve aussi quelques clins d’oeil donnant un ouvrage écrit entre poésie et horreur, même si à mon sens l’horreur, intrinsèque au récit, et nettement plus présente que la poésie, qui se révèle dans la tournure des phrases et l’évocation de certaines images.

Les six parties, « Les victimes », « Le masque », « Les loups », « Captive », « Judith Saint-Clair » et « Le banquet écarlate », donne au récit un découpage très minutieux, très organisé, presque schématique. Ce qui se retrouve et s’affine avec la manière dont s’enchainent les chapitres. Précis, net. Comme séparé au scalpel mais tout en gardant quelques chairs pour lier le tout.
Du coup c’est très rapide à lire. Tout s’enchaine à une vitesse folle et l’on se retrouve à la moitié du livre sans s’en rendre compte. 

L’écriture est vraiment très bien menée. L’évolution du style de l’auteur, de sa maitrise de l’écriture et de son talent se révèle particulièrement si l’on compare avec un autre de ses roman, que j’ai lu il y a quelques années maintenant, Angemort, qui m’avait quand même un peu déçu tant du point de vue de l’histoire, trop, non plas simpliste, mais évidente, que de l’écriture un peu brouillone et simpliste pour le coup. Avec de Fièvre et de sang, plus de doute, Sire Cédric s’impose en auteur et le genre dans lequel il évolue désormais, le thriller, semble nettemement mieux lui convenir.

Déformation oblige, j’avoue que je suis très intriguée par la base même de l’histoire. Étant assez peu calée sur les peuples protohistoriques européens (et protohistoriques de manière plus général) et ne connaissant les Daces que dans leurs rapports avec mon pote Trajan mais n’ayant guère le temps pour faire mes propres recherches, j’aimerais bien savoir où l’auteur à trouvé les informations sur les Daces.

Le cabinet rose du psy et le tapis moelleux marshmallow donne une belle ambiance tout en contraste avec le reste de l’ouvrage ( et personnellement je crois que j’aurais peur dans une telle ambiance over-rosée) et prete à sourire à un moment où la tension est de plus en plus forte dans le récit. 

Plusieurs bons rebondissements sont également à noter, notamment dans des moments où l’on pouvait penser que l’histoire se dénouait, si ce n’était le nombre de pages restantes. Mention spéciale pour le dernier rebondissement avec le retour d’Éloise. A chaque moment où l’auteur nous fait croire que c’est fini en rassemblant les pièces du puzzle et le pire c’est que malgré ce qu’il reste de pages, on le croit et on tombe dans son piège. Et bien non il nous révèle alors toute une nouvelle partie du tableau à reconstituer et l’on repart pour se creuser la tête et trouver ce à quoi il veut arriver avant lui. Peine perdu. D’un côté ce petit jeu, typique du style policier, me fait un peu penser à ce que mon chef attend de moi avec mes céramique… et ça fait tout drôle autant vous le dire…

Parlons un peu des personnages maintenant. N’ayant lu que De fièvre et de sang et Angemort je ne sais pas sils apparaissent déjà dans un ouvrage. Par contre je sais que au moins deux d’entre eux, les principaux, reviennent dans un nouvel opus.
Bref Eva est vraiment très intéressante. Elle est celle qui ammène l’histoire dans l’histoire, celle qui fait un peu se perdre le lecteur dans des tragédies personnelles, celle qui traine un mystère qui va occuper le lecteur pendant toute la première grosse moitié du récit, jusqu’à ce que l’histoire première se soit bien développer pour nous exploser en pleine figure. Avec elle l’auteur détourne d’une certaine manière, enfin je trouve, le lecteur de l’histoire principale. Il laisse cependant suffisamment d’intérogation dans son histoire pour ré-utiliser ce personnage et sa vie dans un nouvel opus. A voir donc. 
Toujours avec ce personnage _ et je ne sais pas si c’est voulu mais mon histoire litteraire personnelle veux que je fasse le rapprochement _ en ce qui concerne à la fois son nom à la consonnance nordique, Svärta, et sa description, albinos. Cela me fait un peu (beaucoup même) penser au personnage de Lisbeth dans la saga de S. Larsson. Tout est bien évidement à nuancer puisque Sire Cédric fait déjà usage d’un personnage albinos dans Angemort, mais quand même. Volonté de s’inscrire dans la ligné de Larsson, pure coincidence, coincidence qu au final peut servir à vouloir s’inscrire dans la ligné ou tout autre ? 

Toujours sur les personnages et bien Vauvert et Erwan Leroy me font un peu pensé, au bout d’un certain temps, au couple Batman / Robin, peut être parce que Vauvert à un peu de cette attitude flic-super héros.

Un personnage que je trouve antipathique est le commandant Jean- Luc Deveraux. Alors lui c’est un peu le stéréotype du beauf’ par exellence, jusqu’à avoir Allumez le feu de Jonnhy Halliday en sonnerie portable. Du coup il me fait un peu penser à l’autre abruti inutile dans Caméra Café. D’ailleurs la scène où cette sonnerie est mentionnée est un peu un gros cliché avec d’un côté le flic beauf’ J. Hallidayisé qui ne fait preuve d’aucune réflexion intélligente d’un côté et Eva perdu dans l’univers goth de la victime pour comprendre ce qu’elle faisait et donc trouver le meutrier.

Et des clichés il y en a quand même un peu trop dans ce roman. Un peu dommage à mon avis.
Par contre une petite chose que j’ai bien aimé, c’est cette espèce d’ironie face à la faune « souteraine ». L’auteur donne un regard extérieur à ce millieu qui laisse cependant supposer d’une bonne connaissance du dit milieux sans tomber dans le piège grossier de l’exarcebation de la marginalité d’un monde qui à établi ni plus ni moins que des normes à respecter tout en s’en défendant et se qualifiant de marginaux. Par contre du coup connaissant un peu la culture musicale dont il est souvent question, et sil est bien une chose dont on se rend compte dans ses écrits c’est l’importance que la musique a pour lui, je me suis éclatée à essayer de retrouver qui pouvait se cacher derriere les petits bouts de paroles, les descriptions de groupes…(bon score pitoyable mais j’ai toujours été très nulle à ce jeu là)

Enfin une dernière petite chose un peu négative et qui m’a perdue à un moment. Il est dit à plusieurs reprise (deux ou trois au moment où la tension est très forte) que aucune victime n’a survécu au tueur… or la victime qui ouvre l’ouvrage survit bien puisqu’elle pat avec l’ambulance et la psy… Du coup un peu paumée.

En ce qui concerne l’intrigue même je dois avouer que l’utilisation, non pas du fantastique car ici le terme ne s’applique définitivement pas, mais du surnaturel, paranormal, bref des choses dépassant notre entendement humain, m’a surprise sans me surprendre. Je m’explique, d’une côté j’a vraiment été surprise car la thèse des sectes, fanatiques, inspiration depuis des mythe est particulièrement bien développé du coup je m’attendais vraiment à ça, tombant du coup dans le dernier piège mis en place par l’auteur. En même temps après un court instant de reflexion cela n’est pas non plus des plus surprenant étant donné ma lecture d’Angemort où l’auteur flirte bien avec ces thèmes. Du coup je reste sur une lecture qui à bien perturbé mes sens et comme ça me destabilise j’aime bien.

Au final, il s’agit d’un ouvrage que j’ai adoré lire même sil ne s’agit définitivement pas de mon genre de prédilection. L’ecriture est vraiment très agréable et il est plaisant de pouvoir constater de l’évolution d’un auteur. S’il continue ainsi je suis certaine de prendre plaisir à lire ses ouvrages futurs. L’intrigue est exaltante. Point négatif : encore trop de cliché à mon gout et vraiment trop de sang ce qui gache un peu le dégout et la peur que le lecteur pourrait éprouver, de même pour les odeurs qui sont trop axée sur les fragrances pestilentielles et donne un trop de trop. 

* Conseil de lecture.


Et bien un bon livre pour découvrir le thriller quand on sort des littératures qui touches à l’imaginaire car mèle un peu les deux. Un auteur à suivre.

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Un commentaire pour Sire Cédric, De fièvre et de sang

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