Jean Racine, Britannicus

* Racine Jean
Britannicus
, 1669
Edition Folio Classique, 2012
préface de Georges Forestier


* 4ème de couverture

La première tragédie romaine de Racine montre les effets de la passion destructrice sur des enjeux plus nobles : les successions dynastiques, les luttes pour le pouvoir impérial, le devenir des empires. La disgrâce d’Agrippine et la mort de Britannicus affermissent le pouvoir personnel de Néron, révèlent sa nature criminelle et ses désirs monstrueux. La rivalité entre frères se double du thème politique de l’usurpation tyrannique. L’action est conduite par degrés jusqu’à son dénouement tragique et naturel. Ainsi sont dramatisés un sujet, l’assassinat de Britannicus par Néron, et des caractères. Ils nous fascinent par le naturel et la noblesse de l’expression poétique, qui concourent à la cérémonie tragique. 

* Citations

« Il n’est point de secrets que le temps ne révèle » Acte IV, sc 4

« qu’est devenu ce coeur qui me jurait toujours
de faire à Neron même envier nos amours » Acte III, sc 2


* Avis

Pièce de théatre étudiée dans le cadre de mon cours de littérature classique. Tragédie classique (dans tout les sens du terme) en cinq actes avec un nombre de scènes variés que je ne vais pas détailler. On a aussi les deux préfaces de Racine (celle de 1670 et celle de 1675-97), ainsi que la lettre au duc de Chevreuse, une préface d’un critique de Racine et un dossier avec plusieurs éléments tout a fait intéressants (une chronologie, d’autres éléments de commentaires, les scènes coupées, quelques passages de la source antique Tacite et une bibliographie).

C’est une pièce classique, écrite dans un français classique donc avec quelques tounures et lexiques qui peuvent être déroutants dans un premier temps mais si je dois retenir une chose de cette pièce, c’est bien la facilité et le plaisir de lecture que j’ai ressenti. Une lecture très rapide de la pièce en elle-même (les prefaces, commentaires et autres un peu moins vu qu’il m’a fallu les digérer et les comprendre). Une lecture absoluement délicieuse. Oui c’est du théâtre mais non, je vais vous dire une chose, avant tout c’est de la poésie. Et de la poésie qui coule, de la poésie qui dit des choses et qui les dit d’une manière terriblement belle. Il n’est pas question ici d’avoir vu surgir des émotions vives, des pleurs car je connais l’histoire développée plus que par coeur (l’assassinat de Britannicus, fils de l’empeur Claude par Néron qui n’était que le fils adoptif de celui-ci => un morceau de l’Histoire romaine que je me doit quand même de connaitre, formation oblige) mais juste d’une lecture que j’ai savouré

Tragédie romaine, sujet historique… habituellement je suis très mais alors très chiante sur les couacs des récits historiques. Et là pour quelques points ça n’a pas manqué non plus, Racine a beau être Racine mes instincts ont quand même eu quelques grognements. Déjà avec la fin de Junie, c’est juste aberrant. Non pas aberrant, impossible. Au moins ça c’est réglé, je n’en dit pas plus pour ne pas non plus trop spoilié mais juste que c’est impossible (a cause de son âge, de ses parents et de quelques autres raisons dont je me ferais un plaisir de discuter avec vous si le coeur vous en dit) Mais bon en même temps que sa fin soit abradacabrandesque n’est pas si dérangerant si on considére que ce personnage inclu dans une fresque historique réelle, a été largement modifié (la Junie en question a bien existé mais pas vraiment à la même époque, du moins au bon âge et à la même réputation), Racine jouant avec ce personnage reel mais qu’il a entièrement remonté de manière totalement fictive. D’autres personnages subissent des modifications de la part de l’auteur comme Britanniucs et Narcisse (le premier est censé être plus jeune, le second déjà mort…). Et puis il y a des choses, des attitudes que non. Au 17ème peut etre mais pas dans le Haut Empire… Bref j’ai un peu grogné mais pas tant pour une simple et bonne raison. Ces écarts, ces modifications, Racine les a faite en connaissance de cause et non parce qu’il ne connaissait pas l’histoire. Bien au contraire il a lu Tacite il a lu Suétonne, il connaissait très bien la vie de ses personnages (certains passages sont d’ailleurs à la limite de la traduction fidèle de Tacite d’ailleurs). Il a fait ces modifications car il en avait besoin pour amplifier le côté tragique et non parce qu’il ne savait pas et que hop hop hop c’est pas grave on va inventer et de toute façon ces abrutis ne connaissent pas la vérité alors je m’en contrefiche d’écrire n’importe quoi (et franchement à lire certains récit historiques contemporains j’ai envie de faire de l’assassinat)

En revanche  j’ai aimé une chose avec cette pièce : La manière dont nous sont présentés deux personnages qui sont aujourd’hui synonyme de cruauté et de monstruosité. Néron et sa mère Agrippine. Mon prof n’est pas entièrement d’accord avec sur ce fait, mais il y a un niveau de lecture qui permet de voir une sensibilité, un hésitation a basculer dans la cruauté de la part de Néron. Il n’est pas fondamentalement vicieux et Racine nous le fait parfois apparaitre comme il a été au début de son règne, c’est à dire pas ce monstre sanguinaires qui a mit le feu à Rome, assassiner son frère, sa mère et rouer de coup sa seconde épouse enceinte. Oui dans sa pièce, Racine nous fait parfois apparaitre Néron de manière assez sympahtique. Enfin des fois parce que quand il oblige Junie à dire a Britannicus qu’elle ne l’aime pas (sans lui avouer d’une manière ou d’une autre que ce soit que c’est Néron qui la contraint à le faire) pour qu’il soit soit briser sur tous les plans, là il est vicieux.
Agrippine apparait bien quand elle comme une manipulatrice dépassée. Le createur à qui la creature echappe. Le lecteur a beaucoup de pitié pour elle quand même, et pourtant elle est loin d’être une sainte.
Ces deux personnages sont vraiment l’atout de la pièce. Ils ont du relief, de la couleur, de l’envergure. À coté d’eux, Britannicus, et surtout Junie paraissent nettement plus fades et honnetement si leurs dialogues sont beaux il n’en reste pas moins que ce ne sont pas à mon sens les plus passionnant. Les personnages de Burrhus et de Narcisse et sont assez intriguants mais quand même stéreotypés. Ce sont le bon et le mauvais adjuvents. Un peu l’ange et le diable chacun sur son épaule (conception tout a fait anachronique du point de vue de l’époque racontée dans la tragédie). Quand à Albine, ma foi…. elle ne sert pas a grand chose la pauvre fille.

Le centre de la pièce n’est d’ailleurs pas tant la mort de Britannicus que ce relief donné a Néron et Agrippine. La mort de Britannicus n’est pas une surprise. Pour nous cela peut etre en etre une mais à l’époque d’écriture de la pièce, tout le monde connaissais son destin avant même d’aller voir la pièce. Quel interet ? ET bien justement savoir comment cela été traité, voir ce que l’auteur a fait d’un sujet dnas lequel il n’avait pas beaucoup de liberté. Je pense qu’un peu tout les lectorats peuvent trouver leur compte avec cette tragédie. Il y a de l’action, de l’amour, de l’intrigue, des complots, des trahisons, des fausses trahisons, des secrets… Il n’y a pas un seul moment de repit.

Il ne faut non plus oublié l’aspect classique de l’oeuvreLire Britannicus c’est lire une partie de ce qui a fait la culture littéraire française et son rayonnement. Avec une pièce comme celle-ci on comprend assez bien  je trouve comme le français à pu être la langue la plus noble, la langue des Lumières, comme la France à pu rayonner entre le 17 et le 18ème. Lire Britannicus c’est lire un classique et j’aime lire les classiques. Pourquoi ? Parce que c’est tout cette littérature qui a formé ceux qui ont formé ceux qui ont formé…. les auteurs contemporains. Par rejets, par poursuites de leurs travaux… Lire Racine c’est un peu plus appréhender notre culture.

Je n’arriverais probablement pas à vous convaincre de vous laisser séduire par cette oeuvre mais elle est vraiment exeptionnelle. C’est la première pièce de Racine que je lis et je pense que je vais pas tarder à m’en faire une ou deux autres, d’autant que ça se lit en une après-midi grand maximum.


Au final, voilà une oeuvre que j’ai vraiment aimé. Lu par « obligation » j’en ai vraiment prit un très grand plaisir et je regrette un peu qu’aujourd’hui peu d’auteur écrivent de manière poétique car quand je lis je veux m’évader. M’évader par l’histoire et tout et tout mais aussi par la plume parce que franchement, je trouve que la langue française devient de plus en plus moche. J’ai adoré re decouvrir ces noms que je cotoie presque tous les jours dans mes travaux de recherches, sous un autre jour, et les écart à la réalité passent vraiment naturellement. 

* Conseil

Lisez le, acheter le et essayer de le comprendre.

Petit plus les commentaires de lectures et préfaces contemporaines ne sont vraiment pas barbantes du tout à lire alors lisez les aussi, elles sont vraiment interessantes, mais après votre propore lecture pour confronter votre avis.

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