Les enfants de Wallpurgis, Le lamento des ombres

¤ Collectif Les enfants de Wallpurgis,
Le lamento des ombres
,
2011
Les éditions du Chat Noir, 2011
(
Et les Éditions du Chat Noir c’est par là)
(Et là c’est chez la Copine Méli pour son 15 littéraire sur la maison d’édition
)


Avec comme auteurs:
Ambre Dubois,
Angélique Ferreira,
Marianne Gellon,
Céline Guillaume,
Cécile Guillot,
Bettina Nordet,
Stéphane Soutoul,
Vanessa Terral

¤ 4ème de couverture

Tempo sourd ou pure envolée, trille innocente ou rugissement de haine, la musique vibre à nos oreilles de ses multiples identités. Tantôt berceuse, parfois fracassante, elle n’a pas de frontières, elle ignore les bornes. Ou plutôt, elle les refuse.
L’harmonie, ce fluide évanescent de cannelle et de myrrhe qui perce jusqu’aux palissades des cultures, marche aux confins de la mortalité. Elle transgresse les limites humaines. Elle apporte l’ailleurs jusqu’à nous, nous y transporte. Elle ouvre des passages vers des mondes imperceptibles et les créatures qui y vivent. Pour la beauté, pour la musique…

Huit auteurs se sont rencontrés autour d’une poignée de notes. Certains ont pris l’immortalité en Dot majeure, d’autres un chant Fa-erique aux accents tragiques. Les restants se sont partagé des partitions en clés de Sol afin de passer une porte, une épreuve… ou la muraille dont s’entoure un cœur.
Dans ce grand opéra à huit voix, l’Histoire croise l’utopie, la fantasy médite en compagnie du fantastique romantique sur la magie et les pactes faustiens. Un arpège délicat se met en œuvre. Une mélodie douce-amère, où les ombres évoluent dans les brumes comme dans les consciences…

Le sentier du lamento vous mènera jusqu’à elles.

¤ Avis

Voilà encore un livre qui n’aura pas trop trainé sur mes étagères avant de passer entre mes mains. Acheté il y a quelques mois au salon Fantasy en Beaujolais, ça faisait déjà un moment qu’il était sorti de son rayon. A la base j’avais prévu de le lire le mois dernier lors de mon séjour à Liège et puis une fois sur place j’ai été détournée de ma mission (oui je suis faible) et puis se sont enchainés des lectures de cours.
Bref.
Vous l’aurez compris il s’agit d’un receuil de nouvelles. Et plus il s’agit d’un receuil de nouvelles thématique, et ça j’aime bien. Pas que je n’aime pas lire un receuil tout court mais un receuil qui présente des variations sur un même thème aura tendence  à avoir une unité que n’aura pas forcement le receuil tout court e qui me fera plongé au coeur même du temps. Et puis du coup on voit bien comment le thème est présenté par les divers auteurs, leurs influences, quand ils se croisent…. Bref j’aime bien le receuil thématique. Et ici le thème est un element quasi fondamentale de ma vie : La musique
La musique sans qui une journée est éternellement longue. 
Rien que le titre est attrayantLe lamento des ombres. Ce receuil promet d’être mélodique et triste (chagrin, déchirant, je ne sais pas vous mais je trouve que triste est un mot qui a perdu toute sa saveur, toute sa puissance…), mélancolique peut être aussi.
Et effectivement après ses huit nouvelles et quelques 300 pages c’est bien le cas. Mais il y a une dimension à ne pas négliger. Toute la beauté qui s’en dégage. Il y a dans chacune de ces nouvelles une sensibilité, une poesie parfois. Je crois bien que chacune des nouvelles est en demi teintes, non pas dans un sens péjoratif ou quoi que se soit comme ça, mais dans le sens où les émotions sont transmises par petites touches, juste ce qu’il faut pour réhausser, donner du corps mais pas écraser le lecteur. A la fin du receuil l’impression générale qui s’en dégage est bien qu’on se traine une petite mélancolie imbibée de plaisir. Oui je sais un peu étrange comme sentiment mais c’est, je pense, l’effet de toutes ces histoires qui ne sont pas des plus joyeuses et tellement belles en même temps, le tout avec une plume agréable pour tous les auteurs. 

Entrons un peu dans le détail car ce receuil n’est pas le fruit d’un seul et même auteur mais bien d’un collectif et chacun des auteurs à su traiter le sujet à sa manière.

* Maudite Sonate, Stéphane Soutoul.
Auteur dont je connais déjà un peu l’écriture, que j’apprecie beaucoup, avec ma lecture assez récente du premier tome de son Cycle des âmes déchue, Le mal en la demeure. Maudite Sonate est une histoire très belle. L’histoire du morceau de musique interdit, maudit est assez connue en soi (voire la fameuse trille du diable et ce genre d’histoires) mais ici elle prend une autre résonnance. Je me suis bien évidement passionnée pour le personnage de Joachim, vivant reclus dans son chateau tout poussiéreux. J’ai un peu calqué l’image de Lestat jouant du piano quand Louis le retrouve dans Entretien avec un vampire. Même si cette image est au final assez fausse par rapport à la description du moment où Amandine le découvre, je trouve qu’elle correspond assez bien à la scène et revèle ce côté « le temps passe mais n’a aucune emprise sur moi ». Il y a bien sur cette opposition entre les deux personnages masculin. D’un côté, Joachim le musicien maudit, condamné pour avoir trop excellé dans son art, le musicien qui au fil des siècles écoulés dans son chatiment ne sait plus qu’être virtuose et qui ne sait plus mettre son âme dans son art tant ça lui a déjà couté. Et de l’autre, Cyriaque (au passage j’adore la sonorité de ce prénom) l’ogre monstrueux, l’immonde et l’abject personnage… C’est peut etre lui qui fait le plus ressortir la dimension supernaturelle/horrifique/magique d’ailleurs. J’aime aussi le thème de la mort et de la mort qui s’émeut, cette mort que l’on pourrait detester la première fois qu’on la rencontre dans la nouvelle. Cette mort presque amoureuse. Amoureuse jalouse et possessive. Personnage à la fois centrale et plus que secondaire, c’est vraiment elle qui m’a fasciné dans cette nouvelle. Car au final il en ressort une très grande humanité, et dans le sens de l’espèce humaine. La mort est humaine, terriblement humaine dans son comportement. En revanche j’ai moins été touché par le coup du bébé. L’idée est géniale, un peu à la manière de certaines nouvelles qui sont dans le Eros Vampire, publié par P.Z Brite (en moins trash quand même)  c’est certain mais bon moi les enfants les nourrissons… mouais non ça ne m’a jamais vraiment déclanché quoi que ce soit. 

* Requiem pour un songe, Celine Guillaume.
La nouvelle la plus courte. La plus obscure aussi (non pas dans le sens de sombre mais bien de sybilline). Peu d’informations nous sont livrés, juste quelques bribes qui permettent au lecteur de se forger sa propre histoire. Très enigmatique. L »histoire d’une autre Grande Katerine, une qui règne sur la musique par le biais d’un intrument… et pas n’importe quel instrument. Le violon. Le violon et tout ce qu’il conote.. d’ailleurs interessant, il faudrait que je cherche d’où vient le violon comme attribut du diable du malin, d’où vient cette aspect sombre du violon car c’est quelque chose qu’on retrouve vraiment souvent. C’est le récit d’une découverte, un souvenir. Un souvenir parmi tant d’autre que la violonniste nous livre. D’autant que par sa taille très courte il apparait un peu comme un fragment dans le receuil. Un fragment de souvenir. Une belle alliance du fond et de la forme

* That’s a long way to hell, Marianne Gellon
Qui dit musique dit aussi musique contemporaine et rock&roll… Enfin plutôt métal pour le coup ici. On change un peu de registre donc. C’est moins doux. Moins poetique et nostalgique. Moins mélancolique. Ou plutôt pas mélancolique de la même manière. Voici une nouvelle qui fait partie de celles qui m’ont le plus plut. Etonnament en lisant le résumé je ne pensais pas et puis je me suis laissée séduire.Je me suis laissée entrainer de ce côté d’un Berlin refaçonné par l’auteur, d’un monde post apocalytique ?  possible. Uchronique ? certainement. L’aspect d’une ville déchirée, condamnée à être toujours déchirée. d’abrod par un mur et puis là c’est le fleuve qui marque la plaie. Le fleuve qui sépare la ville des vivants, la Ville, d’un immense no man’s land dont on ne revient pas. J’ai aimé la violence de Richard, le personnage principale. Ce caractère completement paumé qui détruit le monde autours de lui, qui se coupe de tout. Il le sait et il le fait car il en est arrivé à un point de non retour. Et puis cette Lisa qu’il rencontre justement sur les berge, cette Lisa qui est un miroir de la sienne qu’il ne peut plus supporter. Une échappatoire. Réalité ou hallucination ? L’auteur ne nous en dit pas plus et c’est beau comme ça. J’ai aussi adoré la guitare. Carrie, et sa fin surtout. Là j’ai senti mes tripes se nouer et j’ai trouvé l’image bien plus poignante, poignardante que lorsqu’il bat sa copine. (oui je sais sensibilité humaine zéro mais en même temps elle est tellement ennervante cette fille aussi… ). C’est une écriture très fluide qui est passée toute seule et qui à littéralement défilé sous mes yeux.

* Song to the Siren, Cecile Guillot
Encore une auteur dont j’ai déjà un peu lu quelques lignes, avec ses nouvelles, ecrites seules ou a quatre mains, dans Quintessence hiémale. Ici on retombe dans une mélancolie poétique que j’ai aiméToujours sur fond de métal mais plus vaiment le même. Ici il est ethéré, lyrique, féminin… Il fait appel à toute une série de référence qui ont longtemps été les miennes (bon toujours un peu mais par période maintenant) et du coup j’ai séché la gymnastique de la bas de page. Gymnastique de la bas de page qui peut peut être gêner certains lecteurs car on à tendance à sortir de l’histoire, se reconnecter à la réalité le temps de la note, enfin comme je vous l’ai dit moi en tout cas ça ne m’a absoluement pas dérangé vu ma pratique quotidienne de ce « sport » et mes connaissances du sujets dévoilée par l’auteur. Elle y mèle une créature que l’on ne rencontre pas forcement très souvent en littérature de l’imaginaire et peut  être bien la créature qui colle le plus avec le thème : La sirène. J’ai particulièrement aimé le mouvement de flash back qui occupe la nouvelle. On découvre un personnage assis sur une falaise qui nous raconte une histoire que l’on vit puis on retourne à cette falaise du début avec le personnage du début. Une triste douceur, mélancolie, un peu heureuse ? , de ce personnage. Il y a, avec le personnage d’Asyun, une véritable poétique du mal être, du ressenti rejeté. C’est la nouvelle du receuil qui a peut être la portée la plus forte. Il y a un véritable appel à la tolérance, au respect de la différence. Une partie de moi, de mon moi adolescente ressurgi, y a trouvé un écho à ses sentiments, ses ressentis face à ce rejet de ce qui n’entre pas forcement dans une boite, quelle qu’elle soit. 

* Les flûtes enchantées, Vanessa Terral.
Voilà une de mes nouvelles préférée. De prime abord j’avoue être tombée dans le piège du titre. « Les flûtes enchantées » / « La flûte enchantée » / Mozart / Hammelin… Quoi de plus normal pour un receuil centré sur la musique… et bien non. et je n’en dis pas plus sur la flûte pour ne pas trop vous spoilier mais j’ai adoré. Nous avons donc une histoire de magie, une histoire de massacre car toute magie à un prix et celui du sort à la base de l’histoire de la nouvelle est lourd. Très loud, mais à la hauteur de ce qui a été exigé. Je trouve que c’est une très bonne manipulation du concepte, c’est équilibré et c’est justement quelque chose qui manque assez souvent je trouve. Ah oui j’aime aussi cette nouvelle pour un point très simple. Une partie essentielle se passe en Irlande et j’ai comme qui dirait eu un coup de coeur pour ce beau pays vert. Il y a je trouve aussi une touche très « 19ème » dans cette nouvelle qui m’a beaucoup attiré également et puis au delà de l’investigation et du personnage même d’Hélianthe, j’ai adoré le personnage de Inch’ Allah, sa connection avec les dragons et l’adaptation de ceux-ci à notre monde contemporain et morderne. En fait dans cette nouvelle se cotoient beaucoup d’aspect différent de la magie : les dragons de la fantasy, les banshee, le sang et l’horreur d’un fantastique sombre, un cadre urbain et contemporain…C’est un mélange d’univers qui est très bien mené et qui ne s’éparpille pas. Si le rapport à la musique est très léger (la référence à Mozart et au conte de Hammelin, les flutes justement…) ce n’est pas très génant et le nouvelle ne dépare pas du reste du receuil car ce simple arrière fond musical est juste suffisant. Autre petit plus qui m’a laissé sur de très bonnes dispositions : l’histoire entre la banshee et le luriken. Alors là je ne l’avais pas vu venir tant j’étais plongée dans l’histoire. La notion de gentil / méchant est alors assez floutée car les vicitmes d’aujourd’hui sont les bourreaux d’hier et du coup le lecteur ne prend pas vraiment de partit. C’est vraiment agréable de sortir du manichéisme classique. Bref une nouvelle que j’ai littéralement adoré.

* La chorale du temps, Ambre Dubois.
Une nouvelle assez courte, que j’ai également bien aimé même si je ne la retient pas dans mon top 3. Encore une fois les époques se mêlent et les frontières temporelles sont complétement floues. Personnellement, si magnifique et mystérieux qu’il soit je n’aurais absolument pas eu la folie d’aller jouer chez lui, parfait inconnu, d’autant plus qu’il propose une certaine somme. Et quand on voit tout ce qu’il se passe dehors… Oui bon je sais je suis loin d’être un exemple mais je ne suis pas la pire. Bref le personnage principal, Eric est un jeune musicien qui se retouve à aller jouer régulièrement chez Hermann un richissime jeune homme un peu étrange quand même. Je regrette que l’histoire de Lucilla ne soit pas plus développée car du coup à la fin de la nouvelle j’ai en tête beaucoup de question, notamment sur le pourquoi de son état… En revanche j’ai adoré cette chute avec les instruments. Mais en fait en oui c’était tellement évident (oui je sais quand on connait une chute après ça nous parait toujours tellement évident ) Et j’ai vraiment adoré ces métamorphoses. Elles sont belles, elles sont élégantes… juste pas assez développées. 

* Salve regna stellarum, Angélique Ferreira.
Voici la nouvelle la plus longue du receuil, une grosse 50ène de pages, divisée en quatre chapitres. Déjà cette division en chapitres pour une nouvelle me fait toujours un effet un peu étrange. Et avec ce découpage en chapitre on atteint pour moi le noeud du problème. Cette histoire à tout pour faire un roman, court mais un roman quand même….du coup le format nouvelle est un peu dommage. Ensuite l’autre point qui m’a un peu géné ce sont les grosses références trop voyantes. J’adore l’intertexte, mais là, c’est trop voyant et étant une grande, une très grande fan de Disney, quand le pauvre jeune homme tend sa main à la princesse enfuit du palais qui a les gardes royaux à ses trousses et qui lui sort « avez vous confiance en moi » avant de sauter… ouille moi j’ai des gyrophare rouge clignotant dans la tête qui s’allume et qui me hurlent « Aladin Aladin Aladin ». Il y a comme ça deux trois passages qui m’ont refroidi. En revanche l’intertexte Orphée et Eurydice est admirablement manipulé. Reprendre juste ce qu’il faut pour faire l’allusion, le lien dans l’esprit du lecteur mais suffisament innover manipuler le concept pour se l’approprier. Et étant une grande amoureuse de ce mythe je salue l’auteur pour son jeu avec celui-ci. C’est peut être bien le passage que j’ai préféré dans tout le texte. D’autant l’usage de la musique y est admirable. Et d’ailleurs dans un receuil sur la musique qui mieux qu’un Orphée pouvait figurer ? Après comme je l’ai dit je pense que c’est clairement un texte qui aurait gagné à être plus developpé, formaliser en roman car l’histoire à énormément de potentiel. La plume est très bien menée, fluide. J’ai aussi bien apprecié toute l’utilisation du folklore, du substrat mythologique celto-irlandais avec les sidhes, le voile séparant faerie de notre monde à nous, le fait que le heros Till se retrouve basculé dans notre monde (d’ailleurs autre belle utilisation d’un intertexte), la vision guerrière des elfes qui renoue un peu plus avec la tradition mythologique de ces être en opposition à la vision fantasy que nous en avons…. plein de petites choses qui font que j’ai passé un bon moment sur cette nouvelle.

* La clef musicale, Bettina Nordet.
Voilà la dernière nouvelle. Une que j’ai vraiment aimé aussi. Peut etre parce qu’elle developpe deux histoires qui se rejoignent ? peut être parce qu’elle m’a arraché quelques larmouilles à la fin. Sans doute car elle met en avant une époque que j’aime beaucoup, un temps où l’émulation intelectuelle était tellement stimulante que j’en rêve toute éveillée. Sans doute car elle nous livre une facette d’un personnage historique que j’aime beaucoup. Et sans doute aussi car elle met en avant le personnage de la mort, faisant ainsi un très bel écho à la nouvelle d’ouverture, avec une telle sensibilité. J’ai adoré la révélation sur la boite a musique et la mèche de cheveux. Les elements sont donnés au compte goutte et le lecteur se construit comme ça les ponts entre les deux histoires, à travers le personnage de la mort. L’amitié amoureuse qui lie la Mort et Leonardo est particulièrement poingante et m’a vraiment ému, plus que sa relation avec la jeune fille (en même temps la période de la Révolution m’est moins attirante que la Renaissance). C’est vraiment avec cette nouvelle qu’on touche à la mélancolie imbibée de plaisir. On a vraiment avec cette histoire une douce amertume en bouche. L’amertume de voir le receuil se terminer, la nouvelle s’achever mais aussi la douceur et la sérénité de Léonardo, de la mort qui nous laissent le coeur tout caressé

Au final, ce fut une lecture délicieuse. Une lecture purement égoiste. A moi dans ma couette à ne pas lâcher mes pages même pour aller avec mes collocs. J’ai savouré chacune des nouvelles qui à leur manière, très différentes, ont su me toucher et me montrer un peu de poésie. Une très belle lecture des éditions du Chat Noir.

¤ Conseil

Achetez le lisez le savouez le parce que c’est un petit bijou

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