Mathieu Gaborit, Chronique du soupir

¤ Mathieu Gaborit

Chronique du soupir, 2011
Editions France Loisirs, 2012



¤ 4ème de couverture

Lila, une naine flamboyante, a choisi de prendre sa retraite de chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer. Une existence presque trop paisible… Alors qu’elle s’interroge sur son avenir, son fils Saule fait irruption dans l’auberge. Il serre dans ses bras une jeune fille de seize ans, Brune, à l’agonie.  Bien que pressentant l’immense danger qui émane de Brune, Lila décide de les protéger envers et contre tous.
Dans un monde dominé par les fées, nains, elfes et sirènes affrontent leur destin. Arriveront-ils à conquérir leur liberté ?

¤ Avis

Chronique du soupirDernier achat France Loisirs en date… et si au départ j’étais bien enjouée à rejoindre le club… force est de constater qu’au fils des mois les livres m’interessant dans leur catalogue se font de plus en plus rare…. du coup je commence à réflechir sérieursement à quitter FL (d’autant que ça doit bien faire dans les deux ans maintenant). D’autant que je me dis qu’à la place du livre FL je pourrais acheter un livre par trimestre dans une petite maison d’édition que je vous présenterais alors (même si je ne doute pas que vous les connaissez déjà et sans doute mieux que moi). 

Mais bon bref pour l’instant j’ai un peu trop de chose à penser pour me pencher là dessus…
Donc nous disions…. Chronique du soupir, Mathieu Gaborit

Mathieu Gaborit, un nom que je voyais trainer depuis fort longtemps un peu de partout déjà (et au passage j’ai découvert que le monsieur en question n’était pas un petit auteur méconnu mais un des plus grands nom de la Fantasy française => file se cacher de honte sous un caillou) . Oui bon ça aussi c’était y’a presque un an… Maintenant j’ai un peu plus perçut la carrure de l’auteur, que j’ai manqué d’un jour lors du salon Octogône… ce n’est que partie remise. 
Bref
Mathieu Gaborit…. 
en fait ce n’était pas forcement ce livre là que je voulais lire de lui de prime abord mais ne trouvant pas le T2 des chroniques de féals en format poche comme le 1 et le 3 que j’ai et qu’il me fallait un achat FL et qu’il y avait Chronique du soupir, un « one shot » c’est à dire un roman non cyclique, en un seul tome et que j’ai littéralement craqué sur la couverture… hop hop hop dans la musette et c’est parti….

Donc Chronique du soupir, 335 pages, 20 chapitres et un épilogue. Chaque chapitre est introduit par une citation. Au départ je me suis demandée d’où elles provenaient , la première rencontrée étant anonyme et la seconde ne m’étant absolument pas connu, ni d’auteur, d’ouvrage. Et bine déjà là un petit coup de géni, enfin moi, j’ai trouvé ça vraiment génialisssisme : ces ctations sont des citations d’ouvrages appartenant à l’univers créé... rien de mieux pour ne pas laisser le lecteur sortir du roman… Et si les premières peuvent apparaitre floues, au fil des chapitres et du déroulement de l’histoire, elles font sens et illustrent bien le propos, notamment tout ce qui concerne « la théorieé du souffle qui est ce qu’il y a de plus complexe à appréhender.

Hormis quelques exeptions littéraires je ne parle pas trop du style d’écriture et bien là je pense qu’il le faut. C’est le premier livre de l’auteur que je lis donc je ne sais pas trop si c’est récurrent ou non mais ce roman de Fantasy, donc un récit, est entièrement écrit…. à la troisième personne du singulier (majoritairement), présent de l’indicatif. Ce n’est pas tant la 3ème personne qui est déroutante, ça j’ai envie de dire au contraire c’est plutôt normal mais bien l’usage du présent et du coup l’usage du présent avec une troisième personne…. (avec le présent on est plutôt habitué à la première personne…). Déroutant, perturbant…. des vieux reflexe de collège nous allument des sirènes de faute mais en fait non c’est juste une déshabitude quoi… bref toujours est-il que par moment mon esprit changeait le temps des verbes automatiquement pour les remettre au passé. Il est vrai que souvent cet assemblage donne un texte lourd à lire et bien pas là. L’auteur à su travailler son texte de manière à éviter cet éceuil.
Autre petite chose perturbante en terme d’écriture mais qui donne sa particularité au style. Il y a de fréquent passages d’un point de vue externe troisième personne à un point de vue interne et à la première personne. Bien évidement ce n’est pas toujours la même focalisation interne, en tout j’en ai compté 7…
Bref moi je trouve en tout cas que ça rompt pas mal de code tout ça…. et pas forcement en mal… question de gymastique de lecture….

Pour l’histoire en elle-même. Nous sommes en présence de plusieurs « races » de la Fantasy bien connues : Les hommes, les efles, les nains. Et petit plus l’auteur à ajouté les fées et les sirènes qui ont une part importante et même fondamentale à l’histoire et qui ne sont pas spécialement développées en Fantasy « classique ».
Autre entorse au « classique », les personnages principaux sont des nains, contrairement à l’habitude des héros Hommes ou Efles. Et là aussi deux petits trucs qui m’ont bien fait sourire….
Traditionnellement les nains sont associés à la roche, la mine, le métal (Blanche Neige, Tolkien…), ici on ne s’éloigne pas trop ils sont associés à la terre mais pas seulement la terre dans le sens de terre/boue/caillou… dans le sens de terre/sol:/pied sur terre/ base de tout.
Leurs noms… Saule, Iris, Lila…. des noms d’arbres pour les nains et de fleurs pour les naines (hommes et femmes ça ne vas pas, garçon / fille non plus mâle / femellle encore moins …). Traditionnellement encore une fois des noms qui seraient plus étiquetables « elfes » que « nains ».

Les elfes d’ailleurs. Ils sont peu présents. Un seul est surtout mentionné : Errance. Errance dont nous n’avons qu’une image éthérée, déliquescent, un peu commme sil était le représentant d’une race en fin de vie, d’une race savante qui a tellement cherché qu’a un moment elle s’est perdue dans ses recerches….Il passe le pls clair de son temps dans ses livres, ses recerhches, à planer ou inconscient. Pour developper ses facultés « mentales » il se drogue à l’aide d’un monocle qui lui diffuse sa dose… un côté assez glauque de l’elfe quand même. 

Les fées offrent un aspect assez original aussi. Au delà du fait qu’il les a placé au centre même de l’histoire, l’auteur à travaillé ces créatures de manière fascinante. Il n’est nullement question de gentille fée ou de méchante fée. Ce sont elles qui gouvernent le monde pour une simple et bonne raison. Pour vivre, le monde, les gens ont besoin d’un fée car voyez vous…. ils n’ont pas de coeur. A la place ils ont une fée. Une fée dans le coeur… j’ai fondu littéralement devant cette image. Cette fée du coeur à la taille et la configuration d’une fée Clochette, toute petite. Bien que jamais vraiment décrites ces fées me font vraiment cette effet. Et ce sont ces fées qui assurent toutes les fonctions vitales, elles remplacent littéralement le coeur, actionnent les veines, diffusent le sens, gèrent le souffle, ce fameux souffle...

Et nous y voilà…. Chronique du soupir… une histoire de souffle. Ce souffle qui nous parait si naturel et qui sous la plume de Mathieu Gaborit prend une tout autre ampleur. La notion de souffle telle qu’il la développe est quand même assez complexe, c’est vaiment le point le plus floue du roman, mais aussi cela que j’ai le plus aimé. Ce souffle est vital, insufflé par la fée et modulable pour qui sait le manier. Il peut etre voler surtout. Et l’auteur joue avec tout un arrière fond d’expressions idiomatiques comme couper le souffle, reprendre son souffle, perdre son souffle, le dernier souffle…. que nous entendons au figuré et qui sont réactualisées de manière très concrète, au sens propre, sous sa plume. 

Si j’ai littéralement adoré cet aspect, les personnages eux ne m’ont pas des plus passionnés. Lila m’a tout simplement enervée dès les premières pages. Son sens de la famille est abusivement developpé et du coup son relationnel (oui c’est moi qui dit ça) est des plus médiocre. Elle va jusqu’à ne pas hésiter une seule seconde à sacrifier sa fidèle Soline, son amie proche et entièrement dévouée, et pas de la plus délicate des manières… non non hop je la chope et la balance au zombies…. sympa la copine…. Elle n’hésite aussi pas une seule seconde à tuer d’anciens amis, compagnons de garde, pour être certaine de pouvoir fuir en paix…. J’ai eu aussi beaucoup de mal avec son obsession de vouloir à tout prix sauver son fils contre sa volonté… sans doute est-ce du au faible développpement de mon instinct maternel et famillial…  J’ai aussi peu apprécié la manière dont elle a placé son époux ancré ( sorte de mort qui n’est pas vraiment une mort) sur un piedestal et surtout la manière dont elle traite Errance (son nouvel amant). Un peu comme un ersatz  insignifiant et qui contribue largement à l’image de loque qui nous esst transmise pour lui.
Bon vous aurez compris Lila n’est pas ma grande copine. Les autres je les aime bien, avec une préférence pour Cerne qui est trop peu dévelopé à mon gout.

J’aurais également apprécié un peu plus de developpement sur les fées (et un peu moins sur Lila rho mais chut…), notamment sur les fées renégates et la fée originelle. j’ai vraiment adoré ce premier chapitre avec Cerne et cette image du corps effondré avec un main minuscule de fée qui en sort. Petite fée tellement terrorisée par la renégate qu’elle a griffé la poitrine pour s’enfuir….
Ce sont vraiment ces points qui me restent et me laissent un agreable souvenir de ma lecture. L’idée d’une fée originelle connectée à soeur dans les étoiles… ça me fait rêver… L’image des verticiles est superbe et celle des horizontales coupées, de sa mutilation pour éviter que le fléau de son monde, les être y vivant, ne s’empare de ses soeurs, sont tellement poignantes.
Bon petite seconde « amusantes » : Les notions de verticalité et d’horizontalité…. Il y a quelques années pour un travail d’iconographie grecque j’ai du me farcir une thèse sur le sujet, du coup de retrouver ces notions (sommes toute archi courantes) ici je sais pas pourquoi ça ma fait sourire. bref seconde sans rapport terminée.

Il y a plein d’autre chose que j’ai adoré dans ce roman, la nef des sirènes, l’axile… d’ailleurs avec tout un jeu sur la notion d’axe, fondamentale à l’explication, trop sommaire, des renégates, et d’asile… mais je vais arreter ma tartine là.

Un dernier mot sur la couverture car j’ai littéralement craquée dessus. Elle est de Didier Graffet et c’est en très grande partie elle qui m’a attiré à choisir cet ouvrage. Il y a un côté un peu steampunk qu’on retrouve parfois dans l’ouvrage. La cage oeuf avec une fée dedans, le fond un peu vert foret luxuriante avec des fils comme des toiles d’araigné… mais est-ce vraiment une fortet et des fils de toile ??? ça je vous laisse le découvrir.

Au final, il s’agit d’un ouvrage que j’ai vraiment aimé. Outre le coup de Lila, il ne faut vraiment pas vous arrêter à ça dans mon avis. C’est un ouvrage très riche et fascinant que j’ai dévoré. Un peu challenge agréable pour l’écriture avec les temps et tout le tralala et le thème même ouvre une quantité de perspectives de relfexion sur les conceptions du monde inventé par l’auteur. Oui vraiment j’ai adoré.

¤ Conseil

A lire. D’autant plus si vous chercher un livre de Fantasy et que vous n’avez pas envie de vous plonger dans une série à n’en plus finir…. 

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