Christan Jacq, La reine liberté

* Christian Jacq,
La reine Liberté, Tome 1 L’empire des ténèbres,
2003
Tome 2 La guerre des couronnes, 2003
Tome 3 L’épée flamboyante, 2004

Édition Pocket

* 4ème de couverture


L’Égypte n’est plus que l’ombre d’elle-même. Une armée de barbares venus d’Asie, montés sur des chars attelés à des chevaux (les Égyptiens n’en avaient jamais vu!), a déferlé sur l’empire. On les appelle les Hyksos, les « chefs des pays étrangers ». Ils ont réduit en esclavage la terre des pharaons.

Une seule cité n’a pas cédé, Thèbes, sur laquelle règne encore la veuve du dernier pharaon, Téti la Petite. Et Téti sait que les hommes ont renoncé devant la cruauté des Hyksos, devant les tortures incessantes, les exécutions sommaires, et ces bagnes dont personne n’est jamais revenu. Mais Téti a une fille de dix-huit ans, Ahotep. Et Ahotep, elle, n’a jamais accepté la défaite. Fière, belle, courageuse, elle décide de ranimer la flamme de la résistance égyptienne….

Et je ne vous met que la 4ème du premier tome pour ne pas, trop, vous spolier l’histoire

* Avis

Un avis un peu différent cette fois. En effet puisque j’ai lu les trois tomes d’affilé j’ai pensé (peut être à tord n’hésitez pas à me le signaler) qu’il était plus pertinent de vous faire un avis sur ma lecture de la saga entière plutôt que faire du tome à tome puisqu’ils sont bien indissociables. En effet nous sommes ici en présence de ce type de « saga » dont il n’est pas possible de lire uniquement le premier tome. Une série ou saga écrite en trois tome et dont la division en trois tomes à été clairement voulue par l’auteur, comme en témoignent les rappels de « l’épisode précédent » au début des tomes deux et trois, rappels qui, quand on lit la saga d’affilé, sont quand même très lourds… En effet ce sont des tomes d’environ 400 pages qui se lisent très vite et il n’y a pas non plus tant de personnages que cela. Du coup ces rappels sur les 50 premières pages de qui est qui et de qui a fait quoi dans les tomes précédents… bref au troisième tome je lisais un peu en diagonal pendant ces moments.

En revanche si il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais absolument pas c’était bien d’autant accrocher. Vous l’avez sans doute largement compris si vous lisez mes avis, je suis très tatillonne quand on commence à toucher l’histoire et surtout l’histoire ancienne, déformation professionnelle oblige. Et si Christian Jacq est issu d’une formation archéologique _ et pas non plus du premier niveau (une thèse c’est quand même pas rien) _ sur le sujet même de ses romans, à savoir l’Égypte ancienne, il reste très, mais alors vraiment très, controversé, et notamment du côté des scientifiques. Alors n’étant pas une spécialiste de l’Égypte ancienne avec mes deux semestres d’Egypto et mes quelques lectures bibliographiques je ne serais pas capable de vous dire ce qui cloche ou non d’un point de vue historique… Peut être que c’est du côté des scientifiques que ça coince avec tout simplement le fait qu’il écrive de la fiction, du roman, et non de la science (d’où l’intérêt de prendre un pseudo si vous souhaitez faire une carrière scientifique ET une carrière d’écrivain). Peut être que ça vient des trop grandes liberté qu’il s’est autorisé par rapport à l’Histoire. Oui je sais c’est du roman il est pas obligé de faire dans le vrai… bah en fait quand on fait du roman historique, si… Bref je ne m’étend pas non plus là-dessus, ce n’est un pas le sujet de l’article et de deux je ne suis pas forcement très objective.

Tout ça pour vous dire que lorsqu’on m’a offert cette saga, bien que j’ai été particulièrement contente puisque c’est un très bon ami qui connait bien mes gouts qui me l’a offert, j’étais tout de même un peu mitigée. Bon en même temps comme je l’ai écrit, l’ami en question me connait très bien, il aime particulièrement bien Christian Jacq et il est aussi de la partie donc bon…

Hop hop hop après un délais assez raisonnable sur mes étagères (genre 6 mois) pris avec moi dans le Tram et au Musée (comment ça je recule chaque livre un peu plus l’échéance de lire Rousseau non c’est pas vraibonpeutetreunpeusi).

Donc, à part le coup du « dans l’épisode précédent », j’ai difficilement lâché le morceau. Mes rares connaissances en dynasties égyptiennes, échanges/commerce autours du milieu 2ème millénaire avant notre ère (merci cours de Proche Orient surtout) et un peu de Civi grecque mycénienne et minoenne m’ont permit d’être bien réactive. Oui pour moi les Hyksos ça me parle. De loin mais ça me parle. C’est ce qu’on appelle communément la Seconde Période Intermédiaire, un moment de troubles assez violents qui remet en cause le pouvoir pharaonique, je ne rentre pas non plus plus dans le détail mais globalement les différentes « périodes » de l’Égypte ancienne, l’Ancien Empire, le Moyen Empire et le Nouvel Empire sont séparés par des Périodes Intermédiaires qui font office de chamboulements et de relancement de la machine. Bref c’est ce qui s’est passé avec l’invasion Hyksos, un peuple si l’ont peut dire puisque cosmopolite, qui a débarqué dont ne sait pas trop où encore et qui a tout « dézinguer » (j’aime beaucoup ce mot en ce moment) sur son passage.

Voilà promis j’arrête là ma leçon d’histoire.

Une chose je risque de spolier comme c’est un avis sur les trois tomes.

On suit l’histoire de la reine Ahotep, reine historiquement avérée, de son époux et de ses fils (on oublie que dans l’histoire elle est censée avoir aussi une fille mais bon j’ai dit chut plus d’histoire). Le premier tome constitue la jeunesse de la reine et son « mariage » avec un paysan Seqen qui va devenir pharaon. Puis le second est centré sur son premier fils Kamosé qui devient pharaon à la mort de son père et le dernier sur Amosé, pharaon après la mort de son frère. Le point central de l’histoire est Thèbes, d’où va partir cet élan de reconquête de l’Égypte, de son propre pays.

Du point de vue des personnages, ils sont tous très bien rendus, je n’en ai trouvé aucun de fades, de mal construits. Ils ont tous leurs points forts et leurs points faibles, même les méchants. Du coup ils sont vraiment bien équilibrés. La reine laisse peu à peu l’impétuosité de sa jeunesse mais pas sa fougue. Bon ce qui peut, peut être, être un peu « énervant » (mais notez bien les guillemets) est son côté c’est la plus belle, la merveilleuse la plus fantastique de toutes les femmes. En soit oui, et ça colle avec ses étiquettes d’Épouse de dieu et ses fonctions royales, mais c’est un peu trop répété.

De manière assez globale, les personnages sont physiquement le reflet de ce qu’ils sont à l’intérieur, La dame Abéria une grosse brute épaisse et massive, le commandant Khamoudi un truc purulent, corrompu et immonde… C’est quelque chose d’assez courant dans la littérature ancienne, les apparences ne sont pas trompeuses mais révélatrices.

Dans la même lignée, j’ai bien aimé les répétitions « d’attributs », pourrait-on dire, comme c’est le cas avec le fin diadème d’or et la robe rouge. La formule est répétée à chaque fois qu’Ahotep se pose victorieuse et ça donne un petit côté « chanson de geste » ou écrits antiques où ce genre de pratiques est très courante.

Et c’est encore un peu la même chose avec la dénomination de certains personnages, sauf pour les personnages clairement historiques comme les dignitaires dont le nom nous a été conservé d’une manière ou d’une autre, les personnages, souvent de basse extraction (ce qui explique aussi pourquoi on a pas forcement conservé le nom), porte un nom très simple à retenir, en lien avec une particularité physique comme Le Moustachu en raison de sa moustache, ou d’origine comme L’Afghan qui vient d’Afghanistan.

Je n’ai pas eu de coup de cœur particulier pour un personnage, héros ou non et cette lecture à été assez sereine pour mon petit cœur. Si je suis bien rentrée dans l’histoire que j’ai senti a quelques moments des tressautements dans mon cœur et mon ventre je n’ai rien ressentis de foudroyant non plus. J’ai parfois ressenti la chaleur du soleil d’Égypte en quelques impressions fugaces, vu se dessiner les paysages aux couleurs éclatantes mais sans non plus aller jusqu’à en ressentir l’extase de la contemplation dont sont parfois pris les personnages. Une lecture plaisante et agréable

En terme d’écriture c’est fluide, bien construit, pas alambiqué. Vraiment de la lecture détente, les mots s’enchainent et les pages se passent à une vitesse folle. Bon après pour moi qui aime bien les challenge de langue ou l’élégance d’une plume raffinée c’était une lecture que je qualifierais de facile. En revanche on sent bien le côté scientifique archéologue. Déjà dans les descriptions des bâtiments, les petites explications de ci de là sur tel ou tel site archéologique genre les nécropoles thébaines des hauts fonctionnaires, les temples, notamment celui de Karnak avec la superbe description des cours et des piliers… et puis il y a les notes de bas de pages…. comme celle de la p.20 du second tome « Le sarcophage de Seqen-en-Râ est conservé au musée du Caire (CG 61001) » ==> pourquoi j’ai autant adoré celle-ci ? Parce que ça c’est de la note de bas de page d’archeo franchement il nous a mit le numéro d’inventaire du sarcophage…. Il y en a quelques autres sr des expressions, ou des précisions mythologiques mais celle-là… je savoure… et il y en a une autre où il nous met en note de bas de page l’information « scientifique » classique de la bas de page en archeo.. le nom d’un auteur, le titre d’un bouquin et l’année de publication…j’adore. Et puis dans cette même dynamique il y a aussi la carte du bassin égyptien.

Des petites touches archeo qui m’ont vraiment fait marrer et sourire dans un roman.

L’intrigue de l’histoire sans trop vous la révéler n’est pas des plus innovante, en même temps son intrigue est le fil historique donc pour moi pas vraiment de surprise sur la fin de l’histoire mais j’ai bien aimé l’aspect intrigue miliaire stratégie plus que bataille. Les redécouvertes de certaines techniques et tout ça. Et puis j’ai adoré la manière dont l’auteur à mêlé à son histoire l’éruption du Santorin qui a bouleversé l’histoire du bassin méditerranéen. En revanche il y a une chose qui nous a tenu en haleine jusqu’à la toute fin et que je trouve bâclé et qui ne tiens pas debout… L’espion. Non je suis désolée je n’adhère pas. Bref lisez et vous me direz.

Enfin une dernière chose à dire que j’ai aimé, c’est la manière dont l’auteur mêle l’histoire, le concret et tangible, les faits de guerre de stratégie… à du surnaturel, du religieux, mythologique, recréent assez bien je trouve au final la pensée ancienne et la manière dont le religieux se mêlait au quotidien, l’importance qu’il revêtait. De quoi un peu se demandé parfois si ces dieux anciens qu’on a abandonné aux profits de nouveaux n’avaient pas une quelconque existence en fait car c’est tellement normal… je ne parle pas d’apparition divine ou quoi que cesoit mais notamment les passages avec la déesse Mout dans la chapelle ou le maniement de la fureur de Seth ou encore la gourde de l’empereur Apophis. Un regard strictement cartésien y verra une métaphore de l’auteur… je n’en suis pas persuadé et pense qu’il faut y prendre au premier degré,

Au final, il s’agit d’une très bonne lecture de détente, parfaite dans le cadre du musée où je travaille, parfaite dans les transports en commun. Les petites pointes archéologiques m’ont fait craqué et l’histoire est vraiment très belle, surtout quand on voit le monde de nos jours car c’est une histoire de liberté avant tout. Tout glisse, comme une barque au fil du Nil..


* Conseil

A avoir dans sa bibliothèque, ça peut en réconcilier certain avec les récits historiques.


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