Graham Masterton, Le djinn

* Graham Masterton
Le djinn, 1977
Nouvelle édition Oswald, 1985
Traduction de Mary Rosenthal.

* 4ème de couverture

Un collectionneur d’antiquités du Moyen-Orient meurt dans des conditions aussi étranges que soudaines. Sa veuve parle d’une obsession fanatique que lui aurait inspirée une poterie très ancienne, une jarre mystérieuse qui, semble-t-il, contiendrait un esprit maléfique – un djinn. Et voici que ce djinn redoutable, terrifiant, cherche bel et bien à se matérialiser et que, pour y parvenir, il déploie les pires abominations… un éblouissant suspense surnaturel où les lecteurs désormais fidèles et toujours épouvantés de Graham Masterton retrouveront les sueurs froides et l’angoisse garantis de ses maîtres livres.

* Citation

p.89  » Le mystère n’existe pas. Quelqu’un, quelque part, possède toujours la clé de l’énigme. »

* Avis

Le djinn, roman estampillé Fantastique, S.F, aventure, de 249 pages, 8 chapitres, un prologue et un épilogue. 8 chapitres…. je n’avais pas remarqué qu’il n’y en avait que si peu jusqu’à ce que je cherche le dernier numéro de chapitre pour les chiffres de cet avis… Même pour un roman assez court, c’est relativement peu… Et c’est vrai qu’en re feuilletant le roman ils sont assez longs, plus que ce qui se fait en ce moment j’ai l’impression… En soit cela ne m’a pas dérangé vu que je l’ai lu d’une seule traite… 4 heures de lecture « détente »… cela faisait bien longtemps… (en même temps quand vous ne pouvez plus allumé l’ordinateur sur lequel vous avez Et votre thèse Et votre article Et votre roman en cours d’écriture, soit tout votre travail, parce qu’il semblerait que le transformateur permettant de le recharger vous ait lâché (un dimanche matin en plus de sal..igaud) vous ne pouvez pas faire grand chose d’autre…).

Le djinn… ce livre a une histoire un peu particulière. Je ne me souviens plus vraiment du lieu où je l’ai acheté l’an dernier (vue la vilaine trace laissée par l’étiquette du prix, je dirais bien qu’il vient de La bourse car leur étiquettes sont vraiment terrible et même en les enlevant avec soin on a toujours tendance à arracher un peu de la couverture) mais je me souviens d’avoir littéralement craqué pour la 4ème de couverture. En même temps avec une histoire de vieux pots antique et de génie coincé dedans alors que les vielles poteries sont justement presque toute ma vie, ça et les lampes à huile, ce livre était fait pour moi. Obligé. Du coup hop hop hop dans la musette.

(N’étant pas familière de cette ère chrono-géographique, de toute cette civilisation très différente de celles du Proche-Orient que j’ai étudié lors de mes premières études universitaires, vous allez échapper à la leçon d’Histoire. Ceci dit je connais quelques personnes qui pourraient m’éclairer sur la véracité historique car je trouve que tout est assez cohérent (sauf peut être les pratiques de tortures notamment sexuelles que je trouve trop moderne). La seule chose que je peux vous dire est que le nom de la secte est aussi le nom d’une ville en Oman, donc pas vraiment en Iran alors qu’il est fait mention de ce pays comme pays d’origine de la jarre… )Bon d’emblée je ne vais pas vous cacher que ce livre, le premier de l’auteur que je lis, n’a pas été un coup de cœur mais juste une lecture agréable, sympathique, sans plus

J’ai eut beaucoup de mal avec le style général d’écriture. Attention je ne dis nullement que c’est mal écrit ou traduit, pas du tout. c’est juste que je n’ai pas accroché particulièrement. En fait si je devais qualifier cette écriture je dirais que c’est écrit « normalement ». Je sais que ça ne veut pas dire grand chose mais c’est comme ça que je le ressent. Ni mal, ni bien écrit, normal. Il n’y a pas cette emphase, ces prouesses stylistiques que j’aime tant et qui me fait littéralement fondre mais il n’y a pas non plus d’anicroche et de syntaxe à me faire friser les cheveux sur le crâne. Juste une petite faute, sans doute plus une faute de frappe qu’autre chose, qui m’a méchamment piquouiller les yeux : le « quannd » de la p.159. Je sais que je suis la première à faire des fautes mais là, à cet endroit du texte, le premier mot de la page dans un passage assez haletant, mal mal mal (référence que personne ici ne risque de comprendre mais qui est un souvenir de ma dernière campagne de fouilles en Italie et surtout habitude que j’ai prise alors et pas encore perdue).

Les personnages ne m’ont pas follement passionné, hormis Anna et encore c’est plus car elle est la porteuse de réflexions auxquelles je suis sensible. J’ai cependant « adoré » (oui des guillemets, je ne suis pas non plus un monstre mais il fallait osé le faire et j’aime le fait que l’auteur ose) sa fin à laquelle je ne m’attendais pas. Harry m’a un peu tapé sur le système car il ressemble un peu trop à un arnaqueur à mon gout, un glandeur qui profite un peu trop des autres… en soit ce n’est pas dérangeant pour un personnage, ils n’ont pas à être des gentils parfaits, mais là je ne sais pas j’étais pas d’humeur à avoir un personnage comme cela. Le professeur d’université est pas mal, et j’avoue que le côté plage/bière trouvent quelques échos dans mes connaissances… bref un bon côté archéo véridique, d’autant qu’il passe sans problème de cet aspect que l’on qualifierait détente post-journée de travail à l’aspect intellectuel universitaire passionné. Le couple Max et Marjorie me laissent un peu plus perplexe. Pour Max je suis tombée dans le panneau mais à 100%. Pas à un seul moment je n’ai vu venir ça mais sinon on connait bien peu de chose sur lui. J’ai bien aimé cette repentance à la fin. Pour Marjorie j’étais presque soulagé quand elle est morte… oui je sais c’est méchant mais je n’ai pas su accroché avec elle.

Ceci dit ne pas avoir eut de coup de foudre pour la plume et les personnages de l’auteur ne m’a nullement empêché de me prendre au jeu de l’histoire et de l’apprécier réellement. J’ai juste, du coup, mis un peu plus de temps qu’habituellement à entrer dans le roman (une bonne 50ène de pages quand même !).

L’histoire justement… alors là j’ai vraiment accroché. Je sais ne suis pas objective mais oui cette histoire de jarre réceptacle du djinn m’a séduite. Il y avait un peu de tout ce qu’il me fallait, du mystère, de la recherche, des retournements de situation, des choses un peu complexe, pas trop de romance, même pas du tout (et pourtant au début on se dit « oh purée le héros va nous faire tomber la nana dans ses filets, ça c’est évident rien qu’à voir comment ils se tournent autours et se comportent, classique, trop facile… ») – et d’ailleurs j’ai bien aimé la manière dont l’auteur à désamorcé sa « romance », pour une fois ça change -, un peu d’action mais pas non plus des batailles à rallonge… Le fait que ce soit écrit à la première personne n’est pas dérangeant et permet facilement quelques piques qui passent bien et allègent un peu certains moment tendu… j’aime bien cette technique qui désacralise un peu les moments cruciaux. Mais revenons à l’histoire. Si de manière générale je l’ai vraiment apprécié, d’autant qu’elle est originale, j’aurais aimé un peu plus de développement sur certains points comme tout ce qui concerne la partie ancienne de l’histoire, les N’Zwaa et leur confrérie par exemple. Surtout, j’aurais apprécié un peu de développement sur cette transformateur du mythe de Ali baba et les 40 voleurs, j’aurais aimé une explication sur le fait que le conte connu de tous, également connu de tous pour les personnages du roman, soit aussi lointaine de la « vraie » version. C’est en partie amorcé mais pas poussé jusqu’au bout et c’est dommage. D’ailleurs j’ai adoré cette manipulation et cette relecture du conte. Vraiment, vraiment très intéressant. Il y a également toute l’histoire des deux sœurs qui est assez mal manipulé. Bon dès la première mention brève de ce conte je me suis dis qu’il y avait anguille sous roche et j’avais bien juste mais je trouve dommage que l’histoire finale, « véridique », pleine et entière, nous soit presque jetée à la figure comme elle l’est à la fin du roman… comme si l’auteur cherchait à s’en débarrasser…

Autre chose un peu « négative » : La dimension horrifique n’est pas assez développé à mon gout. On sent l’envie de l’auteur à s’étendre sur le sujet mais cela reste timide, bien trop, alors que c’est justement là où il semble exceller dans les passages relevant de cette tonalité sont les meilleurs, ceux écrit pour le coup avec le plus de brio, comme la description de la mutilation de Max, le « viol » de Miss Johnson par le djinn à la fin et certaines ambiances assez terribles.

En revanche j’ai adoré une petite chose. A un moment sur la fin il est fait mention que tout les pots peuvent contenir des djinns et alors là je peux vous assurer que pendant quelques secondes j’ai buggé… des pots j’en tripatouille parfois des centaines par jour, même des qui sont fermés depuis l’antiquité (même si c’est rare j’avoue)… de quoi bien flippé… Pendant un temps je me suis fait défilée les pots de ma dernière campagne dans ma tête me disant que ouf, ils sont tous cassé ceux là et du coup pas de djinn possible à l’intérieur… Manquerait plus qu’il y en ait un qui décide de m’enquiquiner… j’ai une thèse à faire et pas le temps pour jouer à la chasseuse ou la scelleuse….

En fait c’est peut être ça qui m’a le plus plu dans l’histoire, la proximité que je peux avoir avec le matériel de base de l’histoire, la jarre.

Je trouve que l’amorce de l’histoire est un peu trop longue, on passe trop de temps à mon avis en palabre les personnages au tout début. Bon en même temps c’est plus ou moins le moment où se développe aussi une chose que j’ai vraiment aimé : la dimension de recherche, lorsque que Harry et Anna épluchent les diverses sources sur la jarre pour savoir ce qui les attend, pour en connaitre un peu plus sur l’objet… et ça… mais ça c’est juste fondamental. C’est la base du travail de tout chercheur en antiquité. On épluche les sources et après seulement on va sur le terrain. Et je trouve que c’est assez rarement développé dans les fictions qui traitent de ce milieu.

Voilà qui m’amène au second point que j’ai adoré dans ce roman. Ce n’est pas follement central mais c’est plus ou moins toujours un peu présent, surtout avec le personnage de Anna qui du coup je pense est mon personnage favori. Il y a plusieurs fois l’allusion à la question de la légalité de la possession d’artefacts anciens. C’est une des choses que j’aime dans la SF, cette dimension de réflexion qui est toujours présente. Ici avec ce thème on est en plein dedans. Et c’est d’autant plus poignant pour moi que un ça me touche particulièrement avec mon domaine d’étude et deux ce livre écrit dans les années 70′ traite d’une question qui est notre actualité pleine et entière avec tout ce qui se passe aujourd’hui en Afrique du nord, au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Les musées européens et américains ainsi que les collections privées sont bourrés d’œuvres pillées, et il n’y a pas d’autre mots car elles n’ont pas été achetées légalement aux gouvernements de ces pays mais récupérées, extraites, par les missions du 19 ème et début du 20 ème siècles dans ces zones (qui au passage ont flingué les contextes stratigraphiques d’importance capitale…) qui prenaient tous les droits qu’ils voulaient. Aujourd’hui ces pays veulent récupérer ces vestiges de leur histoire, de leur patrimoine, de leur identité nationnale (on a récemment parlé du Livre des morts du Louvre, du buste de Nefertiti de Berlin, de la Pierre de rosette et de quelques momies du British Museum). Et effectivement il est assez normal que ces œuvres retournent chez elles. En ça je trouve que la comparaison que propose Anna avec la Statue de la Liberté est superbe. Mais cela pose aussi un double problème. Le premier est celui de la sécurité de ces œuvres dans des pays encore instables (récemment par exemple les sites pluri-millénaires de Ebla et Mari, ainsi que le Craq des Chevaliers ont été en grande partie détruits et le musée du Caire à été incendié). Le second est un peu plus complexe car il aborde la question de l’histoire européenne même vue que de nombreux pays ayant réalisé ces pillages ont en partie construit leur identité nationale actuelle sur l’époque de ces pillages, du coup ils font, ainsi que les œuvres pillées, partie de l’histoire nationale de ces pays…
Bref tout ceci est trop complexe pour être développé ici mais j’ai vraiment aimé retrouvé tout cela dans le roman.

Petite anecdote, j’ai adoré le passage où Anna refuse que la dame de compagnie agisse seule et surtout directement sur la jarre car je cite le texte p.174 « Si miss Johnson laisse tomber le couvercle et qu’il se casse… ». Honnêtement, c’est tout à fait le genre de question à se poser lorsque le plus puissant des djinn est sur le point d’être libéré… mais c’est tellement vrai pour un protecteur du patrimoine, un chercheur de l’antiquité…

Au final, il est clair que ce ne sera pas la lecture de l’année. En fait en y repensant c’est vraiment le fond de l’histoire qui m’a vraiment fait accroché. Mais juste avec cet élément, l’auteur à su me tenir sur son roman du début à la fin sans interruption et rien que pour ça j’aime. Je pense qu’il faut connaitre l’auteur pour vraiment apprécier cet ouvrage, peut être qu’alors on trouve des échos qui me manque n’ayant rien lu d’autre. En revanche pour celles et ceux qui aiment les petites choses mystiques, mystérieuses, un peu horrifique et teinté d’archéologie, de vieilleries antique.. je pense qu’il y a moyen d’aimer.

* Conseil.

Tout livre est bon à lire, je vous invite donc à vous faire votre propre avis car il mérite quand même d’être lu. ( j’ai l’impression d’être super méchante dans mon avis alors que j’ai quand même passé un bon moment et je tiens à vraiment le souligner)
Publicités
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s