Melissa de la Cruz, Les vampires de Manhattan

¤ Melissa de la Cruz,
Les vampires de Manhattan, 2006
Albin Michel, Coll. Wizz, 2007

¤ 4ème de couverture

Il n’y a pas plus glamour que Mimi et son frère Jack au lycée ultra chic de Duschene, à New York. Snobs et branchés, ils forment avec leurs amis un club très select. Theodora, qui est plus vintage que Prada, n’est pourtant pas insensible au charme du très sexy Jack. Pourquoi un garçon si populaire s’interesse-t-il soudain à elle ? Quel rapport avec Aggie, une élève retrouvée morte, vidée de son propre sang ? Theodora est déterminée à le découvrir quand apparait sur sa peau un entrelacs de veines bleutées qui lui glace le sang. Elle non plus n’est pas une fille tout à fait comme les autres

« Le premier volume de la nouvelle trilogie de Melissa de la Cruz que les fans de Un été pour tout changer vont dévorer ». Publisher Weekly.

¤ 4ème de couverture

Les vampires de Manhattan… premier tome d’une trilogie dont je ne pense pas acheter et lire la suite. Ouais au moins, mais comme ça la couleur est annoncée. Pas que je n’ai pas apprécié ma lecture, je suis bonne lectrice et j’avoue que c’était assez sympa… mais sans plus non et comme j’ai une bonne liste de série en cours auxquelles j’ai nettement plus accroché, autant se concentrer sur ce qui me plait le plus… il me semble que c’est un peu le but non ?

J’avais acheté ce roman il y a quelques mois/ ans à l’Oasis, (une sorte de Bric à Brac à la Secours catholique ou Emmaüs dans mon petit coin paumé d’origine) pour découvrir ce qui était à l’époque un certain phénomène et puis le temps passant, le livre restant chez mes parents… Bref je l’ai ressorti de son étagère il y a trois semaines lorsque je suis rentrée d’Italie (j’avais envie d’un truc léger, rapide à lire, que je pouvais éventuellement arrêter comme ça et de vampire – oui je suis retournée dans une période vampire) et hop matinée lecture. Je sais que j’ai plein d’autres choses à lire comme des SP et des manuscrits, mais comme ceux-ci sont en numérique j’avais envie de contact avec du papier.

Donc Les vampires de Manhattan. 338 pages, 45 chapitres et comme écrit ci-dessus, une matinée de lecture. Du rapide et pas du meilleur.

J’attaque tout de suite par justement ce point « pas gégé », manière de terminer sur une note plus positive.

De manière générale j’ai eu beaucoup de mal avec la plume. Ouille ouille ouille. Navrée pour celles et ceux qui ont aimé ce livre, mais personnellement j’ai trouvé ça assez mal écrit. De nombreuses lourdeurs, des répétitions en veux tu en voilà et des fautes, aussi bien d’orthographe que de syntaxe, dont certaines proprement impardonnables. Selon moi, un roman publié est sensé être passé en correction, comité éditorial, re-correction etc… des gens sont sensés l’avoir lu et corrigé justement pour pallier les inattentions, étourderies, erreurs… D’autant plus qu’il s’agit d’un ouvrage publié dans une grande maison d’édition !
Si les lourdeurs sont ce qu’elles sont, les répétitions sont également particulièrement gênantes. La lecture n’est du coup pas fluide et donne l’impression qu’il s’agit de la publication d’un premier jet (et encore j’ai eu entre les mains des premiers jets nettement plus aboutis). L’impression qui se dégage est tout simplement que le roman n’a pas été relu, que ce soit par l’auteur, un comité quel qu’il soit, des correcteurs… grande question donc pourquoi ? Pour ne pas froisser l’auteur en voulant apporter des modifications, des améliorations à son texte ? Pas simple « foi » en l’auteur du fait de son « nom » et de ses précédentes publications ? Je ne sais pas, mais l’effet est là et c’est bien dommage, car malheureusement la littérature « vampire » n’a déjà pas une belle image en ce moment avec dans les critiques principales justement des choses comme « mal écrit », « peu travaillé »… (attention je parle ici surtout d’échos en dehors du « milieu », de la réception de ces textes en dehors de la sphère imaginaire, des avis de gens qui n’en lise que peu et qui malheureusement vont commencer par des choses très connus comme ce roman-ci. Je sais bien qu’il y a heureusement de bons et très bons auteurs pour cette littérature)

Bref si vous me connaissez et/ou me suivez depuis quelques temps, vous savez bien que la plume de l’auteur est une des choses les plus importantes pour moi. Je pense sincèrement que n’importe quelle histoire peut être écrite, publié, être intéressante, passionnante… du moment qu’elle est bien écrite et ce n’est pas à mon avis le cas de celle-ci.

En dehors de ce seul point vraiment négatif-négatif, je n’ai pas grand chose à dire sur le reste, à savoir le fond. Peut-être bien que c’est d’ailleurs le problème.

Certes l’histoire n’est pas mauvaise, j’ai même plutôt aimé cette idée de « super » vampires – les sangs d’argent – chassant et se nourrissant des vampires « normaux » – les sangs bleus –, mais elle ne casse pas non plus trois pattes à un canard, sans doute car elle n’est à mon sens pas assez mise en valeur. En effet plutôt que lire une histoire de vampires j’ai eu l‘impression de me retrouver face à du Gossip Girl ou du Beautiful People avec un chouill’ de fantastique dedans pour faire dans la tendance. N’ayant pas vraiment d’attrait pour ce monde paillette (et pourtant qu’est ce que j’aime les paillettes !), sexe, drogue et pognon de la Upper East Side Society de Manatthan, j’ai eu énormément de mal à accrocher aux éléments mis en valeur par l’auteur. Plutôt que passer dix lignes à lire le descriptif des vêtements et arrangements physiques des personnages (le coup du bout de scotch sous la chaussure de Théodora qui est largement répété par exemple), j’aurais préféré un peu plus d’attention aux caractères, sentiments, réflexions des personnages, aux éléments fantastiques.

Les personnages ne m’ont pas touchés, que se soit les gentils ou les méchants. Je passe le club des reines de l’école, régentes du club des « in » et autres filles à papa sur-adulées – c’est à dire la personnages de Mimi et de ses petits toutous dont j’ai déjà perdu le nom – dont aucune des préoccupations trouvent le moindre écho aux miennes, ce qui rend une quelconque identification, un quelconque attrait possible.
Le personnage de Jack, frère jumeau de Mimi, n’est pas vraiment mieux loti dans mon jugement. Il est trop « beau gosse, fils de riche je sais que je suis beau » pour vraiment me plaire. Toutefois il y a un petit truc dans l’évolution du personnage qui me plait plutôt. En effet, si au départ on a surtout cette image de lui, au fur et à mesure des pages on voit qu’il est un peu autre, qu’il semble réfléchir un peu par lui même quitte à aller à l’encontre de la « Famille ». Il y a bien un moment où on se dit « et bien non c’est bien un gentil fils à papa qui suit bien tout ce que papa dit » et puis au final non. Seul problème : le fait qu’il s’entiche forcement de Theodora, l’héroïne, c’est trop… facile. Trop évident. Du coup ça gâche un peu le personnage.
Tout comme avec Oliver. J’aime beaucoup de personnage, sans doute parce qu’il traîne avec des livres, mais le côté « meilleur ami amoureux de sa meilleure amie qui fait une crise de jalousie et ignore la-dite meilleure amie dès qu’elle s’intéresse au beau garçon du lycée » est trop cliché.
Quant à Theodora… et bien… j’ai déjà eut énormément de mal à cerner le personnage et j’avoue que je ne sais toujours pas quoi en penser. Riche ou Pauvre ? Riche, mais faisant comme si elle n’était pas nanti pour ce donner un genre ? Son comportement, ses attitudes sont un peu trop flous malgré les précisions apportées par l’auteur. De plus il y a une sorte d’incohérence face à son look. Pas que je ne l’aime pas, au contraire, mais franchement croyez-vous honnêtement que dans un lycée aussi select, aussi hype que celui de Duschenne, il n’y ait pas 1° un uniforme pour les élèves, 2° le cas échéant une certaine tenue « correcte » exigée manière de montrer le rang de l’établissement (après tout toute héritière vampire qu’elle soit et donc tout passe-droit que cela lui confère, il n’en reste pas moins que l’existence des vampires n’est pas connu et qu’il y a donc une apparence à maintenir, apparence que Théodora ne reflète pas avec son look? J’ai également eut du mal aussi avec son côté « je suis pas comme toutes ces fifilles à papa qui ne cherche que gloire beauté célébrité » mais qui accepte de poser et de devenir l’égérie d’une marque de jean à la première occasion. Pour moi ça ne colle pas, mais sans doute que c’est dû au fait que je réfléchis trop pendant et sur ma lecture !
J’avoue que j’ai bien aimé le personnage de Dylan, qui me semble un peu plus « vrai », plus cohérent, que les autres dans son caractère. De même que Bliss qui a une belle évolution.
En ce qui concerne les adultes, j’avoue qu’ils sont assez peu développé dans ce tome. La grand-mère de Theodora aurait pu être pas mal, si elle n’était pas aussi cliché, de même que Charles, le père de Mimi et Jack.

D’ailleurs puisque j’en suis à Charles parlons un peu du fond même de l’intrigue. Là j’avoue que j’ai bien aimé le coup des anges déchus et des anges volontaires pour accompagner les déchus dans leur errance. C’est juste terriblement dommage que ce ne soit pas suffisamment développé. Alors certes il ne s’agit que d’un premier tome, cette intrigue sera peut-être plus développé dans la suite… seul problème… le peu qu’il y a n’a pas été suffisant pour vraiment m’accrocher – même si j’ai aimé ce point – pour aller jusqu’à acheter le reste de la saga et découvrir si oui ou non il y a un approfondissement.
Il en est de même pour ce coup de la colonie perdue de Roanoke. Alors sur ce point-ci j’avoue que j’ai été pas mal prise. C’est Le point qui m’a fait tenir jusqu’au bout du roman… savoir ce que l’auteur allait faire de cet épisode pour le moins mystérieux de l’histoire américaine. Franchement ce point est vraiment bien traité, très bien relié avec sa genèse et son histoire vampirique, ce qu’il faut de mystères et de révélation et tout et tout… Vraiment l’auteur aurait dû se concentrer sur ce point et laisser tomber le côté Upper East Side Society…

Au final, je ne veux surtout pas être méchante, mais je suis pratiquement complètement passé à côté de l’ouvrage. Clairement, il n’a pas su me convaincre malgré certains aspects positifs et la plume est pour beaucoup dans cet avis qui est probablement l’un des plus négatifs que j’ai jamais écrit. Il est trop simple, les choses importantes et intéressantes sont traitées de manière trop secondaires alors que ce qui pourrait apporter du poids et de la valeur à l’ouvrage est assez annexe. Dommage.

¤ Conseil

Si vous aimez les littératures vampires et que vous êtes curieux, lisez-le bien qu’il ne me semble pas fondamentale. Je pense qu’il s’agit d’une littérature plus faite pour ceux qui cherchent à lire sans se prendre la tête et qui n’aiment pas forcément réfléchir ou qui ne recherchent pas un certain niveau de plume.

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