Elodie Agnesotti, Impressions lointaines

¤ Elodie Agnesotti,
Impressions lointaines
, 2014

The book edition, 2014
SP

¤ 4ème de couverture

Des steppes mongoles jusqu’aux sommets de Chine, Impressions Lointaines nous invite à découvrir toutes sortes d’ailleurs. Ceux visités par l’auteur et ceux à l’intérieur, tout aussi grands et uniques.
Elodie Agnesotti s’approprie les paysages du monde pour nous livrer une cartographie poétique de ses questionnements intérieurs.
C’est ainsi que, dans ce recueil, la poésie des yeux rencontre les images du cœur, dans un voyage qui ne s’achève jamais vraiment.

¤ Avis

Lire de la poésies est une choses que j’adore. Un bon poème au bon moment et juste l’espace de quelques signes avalés par les yeux il n’y a plus rien d’autre qui compte. Le poésie c’est un peu toute une partie de ma vie, et une fidèle amie depuis longtemps, je la traine sur mes étagères depuis le collège ou quelque chose dans ce goût là. Souvent, il m’arrive de prendre un recueil, hop, de l’ouvrir à une page au pif, hop, et d’en lire un ou deux morceaux comme ça. Quand j’y repense j’ai assez rarement lu tout un recueil d’un seul trait. Pourquoi ? Parce que j’aime savourer la poésie et que, contrairement à un roman ou un bd, je pense qu’elle ne se savoure pas de la même façon. Bref ce n’est pas le moment pour un mini-essai sur la poésie donc je vais passer directement au vif du sujet.

 
Impression lointaine, petit recueil (en même temps lorsqu’on parle de poésie les ouvrages sont rarement épais, sauf si l’on va taper dans les compilations d’auteur « ancien » où, dans le même ouvrage, nous avons la quasi totalité de leur œuvre poétique) de 50 pages , axé en deux parties – la Mongolie et la Chine – comme les deux volets d’un voyage. Il s’agit ici de poésie versifiée (ouiii j’aime) mais non rimée (bon j’avoue que j’ai un petit truc pour la poésie rimée qui fait que si je devais me la jouer à la J. Evans Pritchard un poème rimé serait toujours mieux coté qu’un poème non rimé, mais comme je tiens plus de Keating que de Pritchard malgré mon amour des rimes ces quelques lignes de parenthèse doivent vous semblez un pur blabla inutile)
J’ai mis beaucoup de temps à lire pour la simple et bonne raison que ma vie est un joyeux foutoir en ce moment que j’ai du mal à trouver du temps pour lire… alors vous pensez bien trouver du temps pour savourer ! J’ai d’autant plus honte puisque c’est l’auteur qui m’a contacté pour lire son travail il y a déjà un petit temps. Bref me revoilà face à ce délicat exercice que de chroniquer de la poésie. D’autant plus que si le voyage, voyager, est un sorte de passion, l’extrême orient (on peut le dire le cœur du sujet du recueil) n’est pas ce qui m’attire le plus en ce moment.
 
La composition même du recueil est intéressante. Toutefois je ne sais pas trop si j’aime ou non. Je m’explique. L’auteur à fait le choix de présenter des photos avec ses poèmes. J’adore vraiment cette idée de mêler l’art visuel à celui de la plume – d’autant que nombre de ces clichés sont vraiment superbes – mais le fait d’avoir un support visuel « gâche » d’une certaine manière – ou atténue si vous préférez – le pouvoir de l’imagination du lecteur. Comme ma lecture – pour le coup qu’elle soit romanesque, théâtrale ou poétique – est toujours très visuelle, je ne sais pas trop. J’aime l’idée, d’autant que les deux sont inextricablement liés, mais en même temps je suis un peu frustrée de ne pas avoir pût m’imaginer toute seule des images (qui n’auraient sans doute pas été les « bonnes » il est vrai) derrière les mots.
Et les mots parlons-en un peu. Rassurez-vous je ne vais pas vous disséquer le recueil poème par poème, mot à mot, déjà parce que disséquer de la poésie est pour moi une ignominie sans nom (oui ça ce savoure dans son entièreté !) et de deux parce que ce n’est pas le lieu. Donc la plume de l’auteur et bien j’aime. Elle est belle, simple et fait surgir des images, des associations qui font faire des petits couinement à mon cœur. Pour de la poésie je ne demande rien de plus, si ce n’est de sentir, de ressentir les choses. Et c’est gagné pour un bon nombre de poème…
 
Justement, parlons un peu de ces poèmes maintenant. Globalement j’ai moins apprécié les photos et les poèmes urbains que les autres. Sans doute est-ce parce que, même si il y a une certaine poésie dans la ville, j’y suis moins sensible. De même pour les passages relatif aux hommes (adultes et enfants). Pas qu’ils sont moins bien écrit, non pas du tout, c’est juste que je n’aime pas les gens (déjà), l’être humain de manière général (je sais qu’il y a des gens bien et puis j’ai quand même quelques amis et personnes que j’apprécie) et bon, cela peut paraître un peu bizarre de la part d’une en partie historienne – ou alors au contraire c’est parce que j’ai un autre rapport, plus objectif, analytique – mais je ne suis pas fan des rappels de massacres, moment historiques douloureux et autres choses du même genre qui ont été brandi tout haut par les média. Je sais que, surtout en ce moment, ce genre de discours peut me faire passer pour une grosse conne qui s’en fout de tout, mais ce n’est pas ça du tout. C’est juste que le monde est suffisant moche pour que je veuille m’évader dans des choses un peu plus belles, des choses qui me fassent un peu plus rêver. Bref les poèmes très urbains, celui sur Tian’anmen (même si pour l’avoir déjà vécu en d’autre lieu, se retrouver dans des endroits comme ça, littéralement chargé à bloc d’Histoire, ça vous retourne bien le ventre et vous fait réfléchir à beaucoup de chose) et celui sur l’enfant ne sont pas mes petits favoris.
En revanche les autres…. Ils m’ont fait m’évader, sentir le vent qui claque contre ma peau alors que je passe mes jours enfermés dans mon chez-moi pour bosser sur ma thèse, rappeler ce que c’est que de vivre, passer son temps au grand air, découvrir, se sentir pleinement vivre… et bon il faut que je l’avoue par conséquent ils m’ont filer un sacré coup de cafard. Moi qui ait fini pour l’instant de voyager, de vivre dans un ailleurs qui progressivement, au fil des jours devient un peu ton chez-toi, de me nourrir de découvertes en découvertes….
Bref j’arrête là le petit coup de blues et je repars sur ces beaux morceaux et notamment ceux qui m’ont le plus marqué.
 
J’ai notamment eu un beau coup de cœur pour le poème de la p.14 « j’ai nagé ». Il n’y a rien à dire il est juste sublime et a trouvé pas mal d’échos en moi. Les images sont toute plus belles les unes que les autres avec pour apogée cette petite strophe
« A l’enterrement du jour
requiem orangé
la nuit féroce
m’a dévoré les yeux »
 
Le poème de la p.17, à double voix, est également superbe, dans tous les sens du mot. J’ai adoré cet effet d’écho, comme si véritablement deux voix parlaient en même temps dans ma tête. Certes ce n’est pas évident au début, doit-on lire un colonne et puis l’autre après ? Ou bien les deux ensembles ? J’ai fait ce choix et eu l’impression de deux personnes qui parlent en même temps ou bien peut être de deux voix d’une même et seule personne qui sont le reflet de époque/moment différent mais exprimés simultanément.
 
L’image en noir et blanc p.20 est vraiment très belle, le poème associé présente une image vive qui me rappelle des lointains souvenirs d’équitation quand je passais mon temps avec des chevaux (et que ça me manque !), en revanche je ne suis pas fan du « t’entend » trop brutal pour moi, même si je crois saisir l’effet que voulait rendre l’auteur, justement quelque chose de brusque, de sur le vif.
 
Je suis restée complètement scotchée par une strophe p.21
« L’horizon
n’est rien d’autre pour eux
que l’ombre du matin ».
Il n’y a rien à dire c’est juste superbe ! J’adore ces instants, entre chien et loup, ces moments où le monde est à cheval entre deux temps et je trouve que l’auteur les rend parfaitement bien.
 
La photo de la p.28 toujours en noir et blanc (j’aime beaucoup le noir et blanc) est un poème à elle toute seule avec ses immensités, juste là, de l ‘autre côté de l’écran, si proche et si loin de nous. J’ai envie de repartir, là maintenant tout de suite
 
Ok la photo de la grande muraille de Chine est juste whoaaa, ok ça vend du rêve en petite brique et mon petit cœur d’archéologue a juste fait des boom boom de fous en s’imaginant la dessiner, la relever pierre à pierre, tout simplement l’écouter me lui raconter son histoire.
 
Le poème p.37 m’a bien fait sourire… oui qui sait peut-être qu’un jour… enfin moi je n’y crois pas trop…
 
La photo p.41 et le poème p.41 42 sur la perte de soi-même, de ses repères propres, est très poignant avec des images très sincères et un petit coup de cœur pour la strophe
« trouver le nord
n’importe lequel
juste pour en rêver »
 
Je ne vais pas énumérer toutes les photos qui m’ont plût, mais celle des montagnes de Chine et de la muraille dans l’aube sont vraiment superbe. J’ai aussi aimé celle du chat mais ça c’est parce que 1) c’est un chat 2) il est noir et me fait penser à ma Sonate adorée.
 
En relisant cet avis, je me rend compte que jusqu’à maintenant je n’ai parlé que de la dimension évasion/voyage du receuil. Pourtant, et cela ce sent un peu à travers mon blabla sur les morceaux choisis, c’est aussi – surtout ? – un receuil qui parle du « je ». Du « je » dans son ressenti face à l’évasion, le voyage, l’autre avec une minuscule et l’Autre avec une majuscule. Un « je » dans lequel on trouve de l’écho. On peut retrouver du vécu avec ce « je » ou bien tout simplement s’imaginer vivre cette aventure. Et vous savez quoi ? Pour moi la poésie c’est aussi ça, Exprimer. S’exprimer. Se retrouver dans l’expression….
 
Au final, je suis plus que ravie de cette découverte et espère vraiment que l’auteur me pardonnera le temps que cet avis a mit à éclore. Moi je veux juste reprendre ma valise et un avion, malheureusement ce ne sera pas pour tout de suite. Donc en attendant et bien je m’en vais rêver un peu des ailleurs qu’on me sert sur un écran.
 

 ¤ Conseil

J’aimerais le conseiller à tous et à toutes… mais j sais bien que la poésie est loin de toucher tout le monde. En revanche pour celles et ceux qui sont intrigués par ce voyage au bout du monde et bien ouvrez et laissez-vous porter.

 
Publicités
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s