Georgia Caldera, Riminescence

¤ Georgia Caldera
Riminescence
Les larmes rouges, 2011
J’ai lu, Darklight, 2013
Site de l’auteur

¤ 4ème de couverture

« Le temps n’est rien, il est des histoires qui traversent les siècles… »
Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.

« Une pure merveille. C’est une perle dans un écrin de velours. Une histoire d’une élégance funeste et romantique. »
Truebloodaddict

« Un mélange subtil de noirceur et d’amour, de sang et d’espoir. »
Bit-lit.com

« Une élégance raffinée digne d’un grand bal romantique. »
Ma bouquinerie

¤ Avis

C’est encore moi, pour un nouvel avis ! Et comme presque bonne résolution j’ai décidé d’essayer (noter l’utilisation du verbe « essayer ») de faire des avis un peu plus court afin de vous en faciliter la lecture.

Après un petit intermède poétique, retour à ce merveilleux monde qu’est celui de l’imaginaire, et plus spécifiquement du fantastique sombre avec ce délicieux Réminiscence, tome 1 de la série Les larmes rouges, de Goergia Caldera.

Un sacré beau bébé de quelques 760 pages (pour 29 assez longs chapitres bien que certains soient nettement plus courts) pour la version poche J’ai lu que j’ai acheté il y a quelques mois à Fantasy en Beaujolais. Sur le stand de l’auteur j’avais hésité entre celui-ci et le premier tome de son autre série Victorian Fantasy. Après quelques blablas avec l’auteur, judicieusement soulignés par copine Méli qui décidément me connait trop bien, hop mon choix fut fait et le livre dans la musette après un passage au gribouillage.

Premier tome donc, mais premier tome qui d’une manière se suffit à lui-même, avec une vraie fin qui ne frustre pas le lecteur de devoir attendre pour la suite. Comprenez-moi, ce n’est pas que je n’aime pas les séries, mais quand ils sont absolument dépendant de leur prédécesseur quelques tout petits problèmes se posent généralement : 1) le temps de lecture de la saga qui est forcément très long (en tout cas plus que dans le cas de séries où les tomes se suivent, mais possèdent une certaine indépendance) 2 ) l’accès aux livres en eux-même, car quoi de plus frustrant que de se retrouve le bec dans l’eau, à un moment clé de l’intrigue, parce qu’il nous manque le tome d’après (soit parce qu’il est introuvable, hors de prix ou tout simplement encore non écrit). Certes, dans ce premier tome des Larmes rouges, l’intrigue principale, celle autour d’Avoriel, n’est pas résolue, mais en-soit ce n’est pas grave et au contraire je trouve même que c’est assez révélateur des talents de l’auteur.

Toutefois, avant d’entrer comme ça dans le détail je vais peut-être vous en dire un peu plus sur l’histoire non ? Non parce que bon la 4ème de couverture est bien, mais ne renseigne pas vraiment, enfin si, mais elle omet un petit détail qui me semble avoir son importance car il s’agit d’une histoire de vies antérieures dans un certains sens (d’ailleurs je me pose encore pleinnnns de questions sur le pourquoi du comment de cet aspect-là, questions auxquelles j’espère que l’auteur répondra dans le tome 2) et surtout de vampires (et le premier qui dit « encore » je le mord ! Oui j’aime les histoires de vampires et alors ?) sauce pré-XXIème siècle avec un univers sombre, du sang, des ténèbres, une atmosphère de malédiction et de damnation et toute cette poésie du macabre qui va avec… Quelque chose en crayonné de rouge et de noir si vous voulez un visuel. Bref toute une esthétique que j’ai vraiment adoré il fut un temps et à laquelle je trouve encore bien du charme.
D’une certaine manière cette lecture n’a pas été sans me rappeler ma découverte de Anne Rice quand j’étais ado. D’ailleurs à plusieurs moments je me suis mise à sourire sur certains éléments/personnages qui prenaient le temps de quelques mots, d’une ligne, un petit quelque chose des Chroniques de vampires. Par exemple le personnage de Charlotte. Cette enfant folle vampirisée alors qu’elle n’aurait jamais dû l’être car trop jeune… Présentée comme ça, elle ne vous en rappelle pas une autre ? Certes A. Rice à complètement remodelé l’image du vampire, a créé un topos vampirique qui s’est incrusté dans l’imaginaire de toute une génération. Du coup, volontaires ou non, moi j’ai pleinement adoré ces petits clins d’œil à l’univers ricien.

Peut-être est-ce dû à ma lecture hachée (à coup de trajet en bus pour aller bosser), mais je n’ai pas eu de coup de cœur pour un personnage. Du moins pas plus pour un que pour un autre. J’aime beaucoup Cornelia avec sa fragilité, son angoisse et la terreur qui l’habite (oui dit comme ça ça peut paraître un peu psychopathe). Sa solitude est vraiment un élément qui m’a touché et si habituellement je n’aime pas trop les réactions radicales, sa tentative de suicide est amenée par l’auteur de sorte que même le lecteur ne voit pas d’autres solutions. Il y a vraiment quelque chose de beau dans ces pages initiale.
En revanche si j’ai aimé cette petite chose toute perdue qu’est la Cornelia du début, le caractère qu’elle affirme par la suite m’a parfois donné envie de la secouer. C’est un peu comme si la Cornelia du passé venait parasiter celle du présent par des émotions, actions, ressentis égoïstes, narcissiques et girouettes. Girouette. Oui voilà bien le qualificatif qui pourrait s’appliquer à la jeune fille tout une partie du roman. Et que je ne veux plus te voir et en fait si parce que sinon je vais mourir mais non je ne veux plus te voir mais si parce qu’il y a quelque chose de plus… À la secouer comme un prunier je vous dit ! Heureusement ça ne dure qu’un vraiment qu’un temps et quand cela se reproduit par la suite elle a des circonstances atténuantes. D’ailleurs ce point-ci me fait penser à un aspect du roman que j’ai particulièrement aimé. L’auteur joue parfaitement avec du ressenti réaliste. Honnêtement ces minettes qui pullulent les ouvrages d’aujourd’hui et qui en deux pages et demi penchent la tête et offrent gentiment leur cou au premier vampire qu’elles croisent sont soit complètement stupide, totalement inconsciente ou bien les deux. Mince quoi un vampire ! Le truc qui vous prend pour un morceau de poulet ou une salade de lentilles ! ok il peut ne pas vous tuer, faire de vous son calice, son humain(e), son compagnon ou sa compagne… mais concrètement il n’en reste pas moins que c’est un prédateur pour l’homme. Cette dimension est bien présente chez Georgia Caldera. Cornelia hésite, avance, recule, avance vers Henri parce que justement il n’est pas humain, il est un prédateur potentiellement mortel et globablement toutes les créatures qui sont des proies ont développé une sorte d’instinct de survie les enjoignant à fuir, à éprouver de la répulsion, du dégout, de la peur pour leur prédateur. Ce dont ne manque pas Cornelia. Certes elle est énervante dans ses hésitations, mais d’une manière il s’agit d’une héroïne vampiriquement plus intelligente que ce qu’on croise souvent maintenant.
Henri est un personnage particulièrement intéressant et, si beaucoup de choses à son propos nous sont révélées dans cet opus, je pense qu’il nous réserve encore bien des surprises. J’ai assez aimé cette sorte de revirement de présentation du personnage. Au départ, il est un peu le sauveur misanthrope, charismatique avec un caractère de merde (désolée il n’y a vraiment pas d’autre mots) et, à mesure que Cornelia lui trouve de l’intérêt, le voit sous un jour plus agréable hop l’auteur commence à insérer la dimension monstrueuse du personnage soit par les rêves de la demoiselle soit avec des petites choses de leurs quotidiens qui répugnent toujours plus violemment Cornelia dont les sentiments se développent toujours plus. Et ça, mais j’ai juste trouvé ce petit truc de naration génial !
Je ne peux malheureusement pas trop vous parler des autres personnages puisqu’ils sont assez peu développé. J’avoue que l’intrigue autour de ce fameux Maxime dont Cornelia découvre l’inscription dans la chapelle (au passage j’ai littéralement fondue devant la description purement romantique (au sens historico-litteraire du mot) du lieu) est bien faite et que le peu qu’on sait du personnage est vraiment poignant. Un vampire qui refuse sa « besogne » pour citer l’auteur (et j’adore également la connotation que ce terme apporte) et qui en souffre à un point inimaginable car après tout c’est sa nature, c’est lui-même, qu’il refuse. Tout héroïque que soit son acte, dans la vision humaine de la chose, elle n’en est pas moins vaine. Il y a quelque chose qui à mon sens ne va pas dans le père. Il change trop radicalement. Je peux concevoir qu’apprendre que sa fille fasse une tentative de suicide change pas mal de chose, mais là c’est un chouilla trop quand même d’autant qu’au final dès que l’intrigue à besoin de rapprocher Cornelia et Henri, un petit tour de passe passe du vampire (ok c’est pas n’importe quel vampire non plus) et hop il laisse sa fille tranquille. Mouais je ne suis pas du tout convaincue, ceci étant un peu trop « facile » pour moi. Les villageois dont nous avons connaissances (donc le jardinier, sa femme et leur fille) m’ont viscéralement rappelé tout ce que je déteste de ma campagne natale à fourrer leur nez où ça ne les concerne pas pour le bien d’une personne qu’ils ne « connaissent » que depuis quelques semaines. J’aimais bien Léandre – dommage. En revanche je n’éprouvait qu’un peu de pitié pour Violaine. Le personnage de Charlotte, au delà son aspect « claudien », et surtout les quelques petites choses qui transparaissent sur ses capacités, me laissent penser que la vampire nous prépare de belles surprises à venir et le couple de vampire Ryu et Alphaïce sont intriguant. Quant à celui de Daniel… Plus qu’Avoriel, il est celui qui après ma lecture me laisse un vieux goût moisi en bouche. En parlant d’Avoriel… il m’a l’air d’être un véritable sadique celui-là… j’ai hâte de le rencontrer ! Enfin juste parce que ce n’est pas juste, j’ai envie de parler d’Hadès. Je ne suis pas du tout chien, mais celui-là je l’aimais bien moi. Du coup j’ai juste envie de dire ça : C’est pas juste !
C’est marrant j’avais écrit plus haut que je voulais faire des avis plus court et j’ai encore tout plein de choses à vous dire…
Concrètement, j’ai bien aimé la manière dont l’auteur s’est emparée de cette figure mythique qu’est le vampire. Ici nous avons affaire à des créatures littéralement immortelles et indestructibles, seuls deux êtres ayant le pouvoir de les tuer. Ils peuvent s’exposer au soleil bien que cela leur est désagréable, se nourrissent de sang, ont des pouvoirs psychique assez poussés pour ceux d’un certains rangs… bref un mélange de classique et d’innovation. J’aime beaucoup la hiérarchie très féodale (avec un roi, un prince puis un duc et ainsi de suite) associée à un concept de « rang » un peu SF qui caractérise la société vampirique. Un peu d’ordre, rigide, dans un monde peuplé par des êtres barbares selon nos pauvres concepts humains et dont les orgies lors de leur fêtes et rassemblement sont pour le moins chaotiques… J’aime également cette idée du vampire originel qui crée 13 vampires (rang 1) et je sens que si l’auteur n’a pas développé ce point (comment est « né » le premier vampire ? Pourquoi n’a-t-il créé que 13 « enfants »?…) dans ce volume c’est bien qu’il y a un petit truc qu’elle nous réserve pour la suite…. enfin j’espère…

La dimension horrifique, quasi omniprésente, est à mon sens la plus spectaculaire. Les plaies qui apparaissent, les inscriptions en lettres de sang sur les murs, les voix, hallucinations… whooo pour quelqu’un qui a une lecture très visuelle, c’est un peu comme se retrouver entre Amytiville, L’exorciste et Shinning.

La plume de l’auteur est exceptionnelle en ce sens. À ne délivrer que quelques bribes d’informations par-ci par-là sur ce qu’il se passe, elle fait en sorte que le lecteur soit quasi aussi perdue et terrorisé que Cornelia. Je dois bien dire que c’est en grand partie ce que j’ai dévoré avec le plus d’attention. Pas de pincettes, de demi-mesure. Le sang est du sang, épais, chaud, tâchant avec une odeur écœurante de fer et la mort est la mort.

La plume de l’auteur est absolument superbe. Certes, si je fais ma tatillonne (ou ma vieille bique rigide au choix) je dois bien dire que j’ai quand même tiqué sur des « Mais » initiaux et des « aujourd’hui »qui sont clairsemés dans le récit. Au delà de ça, je trouve qu’elle excelle aussi bien dans la description – faisant du premier tome des Larmes rouges un roman très visuel – que dans l’expression des sentiments, mêlant les deux en une œuvre réellement forte.
 
Au final, coup de coeur ? Pas coup de coeur ? J’avoue que je ne sais pas et finalement je ne sais pas si ce label que je n’ai pour ainsi dire jamais utilisé pour estampiller mes avis est vraiment important. J’ai adoré, aimé, ce roman et n’est-ce pas tout ce qui compte ? Il s’agit clairement d’une fiction comme j’en attendais une depuis longtemps. Sombre, torturée, mais aussi emprunte de quelque chose de lumineux. Bref en mot comme en trois pages. J’aime.

Petit plus : un couverture tout aussi belle que celle aux Editions du Chat Noir

 
 
 
 
 
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