Angélique Ferreira, Femmes Obscures

¤ Angélique Ferreira,
Femmes Obscures, 2013
Editions Artalys, 2013

¤ 4ème de couverture

Lorsque les rayons du soleil n’illuminent plus la vie de leur réalité claire et évidente, certaines femmes se révèlent dans l’ombre. Sortant de leurs recoins sombres à l’abri des regards, elles peuvent prendre vie à partir de vos rêves les plus fous. Ou de vos pires cauchemars… Femmes Obscures est un recueil de nouvelles fantastiques à plusieurs facettes. Chacune d’elles est un bijou obscur qui vous emportera là où la réalité s’arrête, où les barrières s’estompent. Il comprend les nouvelles suivantes:

  • Le voile immaculé
  • Le songe d’une nuit d’automne
  • Le murmure de la mer (à lire gratuitement)
  • Le rosier grimpant
  • Le marc de café
  • Baiser mortel
  • Mastabas

¤ Avis

Et bien voilà j’ai enfin lu Femmes obscures… Dis comme ça on a l’impression qu’il s’agit d’un exploit mais non non je vous rassure tout de suite l’exploit à été de trouver le temps dans mon emplois du temps de malade pour cette petite lecture numérique… Bah oui maintenant que j’ai un travail, je peux reprendre mes activités de lecture dans le bus et donc lire sans culpabiliser. Du coup la lecture numérique du soir passe un peu à la trappe… Bref un peu moins de blabla et un peu plus de concret sur ce recueil de sept (j’aime bien ce chiffre) nouvelles.

 
Malgré un départ qui m’a laissé assez dubitative pendant plusieurs pages je dois dire que je me suis laissé intriguer par Le voile immaculé et cette histoire de fantômes. Nous y suivons l’aventure de Nathaniel Richmond, policier londonien en cette florissante époque que fut le XIXème siècle. Policier et héroïnomane qui va se retrouver dans le manoir hanté de feu son frère. Revenons tout de suite à cet aspect dubitatif du début… Et bien honnêtement j’ai eu peur. Très peur même car les premières pages m’ont vraiment fait penser à un mix entre From Hell et Sleepy Hollow… trop pour que ce soit agréable car pas assez finement mené à mon goût si c’est du clin d’œil. Bref j’avais l’impression au fil que les mots défilaient d’entendre Ichabott Crane me raconter l’histoire/ la vie de Frederick Abberline… Puis, à un moment, lors du premier « rêve » si l’on peut dire, j’ai été chopé. Un détail sans doute, mais un petit truc formel auquel j’ai pleinement accroché : le récit général, celui de la personne de focalisation de l’histoire, c’est à dire le personnage principal, Nathaniel, et qui amorce l’histoire, est à la troisième personne, mais les incursions du sujet de la narration, Déborah, sont à la première personne. Cela donne un truc assez peu classique que j’ai vraiment aimé. Une sorte de décalage intéressant.
Le petit plus ? L’illustration initiale.
 
Les deux nouvelles suivantes, Le songe d’une nuit d’automne et Le murmure de la mer m’ont un peu laissé sur ma faim. Moins emballée, je trouve que ces deux textes auraient mérité un peu plus de développement.
Sans doute attendais-je trop de la première. En effet avec un tel titre, je me suis inconsciemment attendu à plus féerique, plus Petit Peuple, plus shakespearien… En même temps Le songe d’une nuit d’été étant une – si ce n’est la – des pièces de théâtre que je préfère. L’histoire est fort sympathique et intéressante en elle-même, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y aurait pu avoir plus. J’aime beaucoup l’idée du voleur de corps grâce au médaillon et ce bosquet avec la statue, mais pourquoi faire aussi court ? Je pense que j’aurais aimé avoir plus de détail sur cette magie du médaillon, sur la transformation, la malédiction…. car au final l’aspect fantastique est trop peu présent, comme délaissé en faveur de l’histoire d’amour bafoué…
Quant à la seconde et bien elle pèche par le même côté : trop courte. Vraiment trop courte. Ce qui est d’autant plus dommage que c’est une très belle nouvelle avec une thématique poignante qui n’est pas sans me rappeler de nombreuses légendes, ainsi qu’une chanson absolument superbe du groupe espagnol Mecano « Nature Morte ». J’aurais aimé que le personnage de la sirène soit plus détaillé, plus présent et moins passif. Avec cette nouvelle, nous sommes clairement dans quelque chose de contemplatif car les personnages ne sont que ça : regarder. En soit ce n’est pas un problème, mais comme la nouvelle est très courte, le lecteur en sort avec l’impression désagréable d’avoir juste enchaîner les mots.
De même les cinquième, Marc de café, et sixième, Baiser mortel, nouvelles m’ont un peu laissé de marbre. Même problème que ci-dessus, avec des récits trop courts qui n’exploitent pas assez le potentiel qu’ils peuvent avoir. L’auteur pose des idées intéressantes mais ne les développe pas suffisamment. Du coup il est très difficile de rentrer dans l’histoire, de vivre, de ressentir les personnages et ce qu’il se passe. De loin, Marc de café est celle qui vraiment m’a le moins plût. Je suis complètement passé à côté, la magie n’ayant visiblement pas opéré sur moi. Bref je ne vais pas épiloguer cent sept ans dessus. petit plus toutefois pour cette nouvelle. : son image tout mimi.
Baiser mortel aurait pu être plus marquante. J‘aime beaucoup cette idée du nécrophile, mais le côté « raisonnement » du personnage n’est pas assez présent. J’aurais aimé d’avantage sur le pourquoi de son attrait à cet pratique, qu’il soit un peu plus creusé, qu’il nous apparaissent un peu plus tangible. Encore une fois nous sommes en présence d’un voleur de corps (idée qu’on retrouvera aussi dans Le rosier grimpant) et d’un médaillon… mais traités de manière différentes. Pourtant, même chose l’aspect fantastique n’est pas traité à son maximum….
 
En revanche j’ai littéralement adoré Le rosier grimpant. Outre la très belle illustration de la femme/fleur j’ai proprement vécu avec les personnages le temps de quelques pages. Oui je peux le dire c’est presque un coup de cœur que cette nouvelle-ci. L’histoire est bien développée, toute belle, sensible et touchante. L’auteur va au bout des idées, développe les sensations, les actions… le rythmes est bien mené ce qui tient le lecteur en haleine. J’avoue qu’au départ cette idée du Prince de Paris qui se produit sur scène m’a fait un peu tiqué, mais la suite de l’intrigue m’a vite fait oublier cette petite chose. J’ai aimé la détresse de Natalia, et celle d’Edmond. J’ai aimé cette idée de Paris transformée en Venise qui du coup teinte le récit d’une touche et d’une esthétique particulière (allez-savoir pourquoi j’ai dans la tête des images en dégradé de gris avec juste ici et là deux trois pointes de couleurs sur l’eau dans les rues, la roseraie et le personnage de Rose). Les images de cette vampire/rose sont absolument superbes et j’ai nulle difficulté à imaginer cette malicieuse et fragile créature s’abreuver via les épines de la plante. Je trouve l’idée vraiment originale et très belle. Bref, de loin il s’agit à mon avis de la nouvelle la plus réussie du recueil.
Second petit plus le clin d’œil au Comte de Montecristo avec le nom du personnage principal.
 
Enfin je dois bien dire que j’ai eu du mal avec Mastabas. Déjà malgré le fait que je sois antiquisante, j’ai toujours eu du mal avec l’Égypte ancienne…. Sans doute parce qu’à force que les gens me répondent toujours « ah les grandes pyramides ! » ou bien «  et tu as trouvé des momies ? » quand je dis que je suis archéologue j’ai développe une sorte de réaction… Bref. Je pense aussi que le côté presque « cours d’histoire » du début de la nouvelle n’a pas aidée. Bah oui car même si je ne suis pas fan de l’Égypte j’ai quand même un certaine base et bon ça m’a un peu rappelé mes cours et mon prof pas des plus passionnant ! Toutefois, après ces premières pages, la magie de l’auteur à su opéré et je me suis retrouvé embarqué dans cette histoire d’amour douloureux, éternel, de vengeance…. j’ai bien aimé la manipulation de la momie et je dois dire que l’illustration initiale m’a vraiment plût.
 
Au final, malgré les nombreux défauts pointés, notamment le fait que la majorité des nouvelles me semblent trop peu développées, il s’agit d’un recueil que j’ai bien apprécié. Je remercie l’auteur pour l’envoie et surtout sa patience et juste, ne serait-ce que pour Le rosier grimpant, je lui dit merci et merci pour cette belle lecture.

¤ Conseil
A lire bien tranquillement, des petites nouvelles sympathiques
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