Silvana de Mari, Le dernier elfe

* Silvana de Mari,
Le dernier Elfe, 2004,
Ed. Albin Michel, coll. Wizz, 2005
Traduction de Jacques Barberi

¤ 4ème de couverture

« Quand le dernier dragon et le dernier elfe briseront le cercle, le passé et le futur se rencontreront, le soleil d’un nouvel été brillera dans le ciel. »

Dans un monde obscur, battu par les pluies, le jeune Yorsh, dernier des elfes, a dû fuir son village dévasté. Un homme et une femme vont le conduire jusqu’aux terres du dernier dragon, dont il deviendra le gardien afin d’accomplir une ancienne prophétie. Mais Yorsh ignore que cette prédiction en cache une autre, qui l’entraînera plus loin encore.

¤ Avis

Le dernier elfe est un livre trouvé comme ça un jour maigre à Easy Cash. Il n’y avait vraiment pas grand chose, mais comme j’avais envie de m’acheter un livre, au moins, et bah hop j’ai lu la 4ème, l’ai trouvé plutôt mimi et comme l’auteur est italienne, je me suis dis « boh pourquoi pas comme ça si je le trouve en italien un jour en Italie je pourrais confronter » (genre je n’ai pas assez de choses à lire). Au final, le livre aura traîné quelque temps sur mes étagères et c’est lors du défi de Pâques organisé par la coupine Meli que je l’en ai sorti. Le défi était simple : lire sans se prendre la tête, juste pour le plaisir de lire, et de préférence avec un ouvrage qui pouvait rappeler Pâques. Du coup Le dernier elfe avec son histoire de dragon tombait pile-poil, car oui oui ça rentre bien dans le thème… au dernières nouvelles les bébés dragons ça sort d’œufs et qui dit œuf dit Pâques. En plus, la couverture est dans les tons de vert et, étant la couleur favorite de la demoiselle, c’était aussi dans les possibilités de thèmes (et puis le vert = l’herbe = les petits lapins = de Pâques). Bref ayant un jour et demi sans travailler et ne pouvant aller en famille pour le sacro-saint repas pascale dominical (vu que je travaillais le dimanche soir), j’ai mis la thèse en pause, suis sortie du lit pour choper le livre, me faire un grand thermos de thé, prendre le paquet de brioches que j’ai posé sur la table basse puis ai regagné le lit pour une journée glandouille-lecture (bon à midi j’ai quand même daigné prendre une douche et m’habiller avant de me jeter de nouveau sur le lit en mode canapé cette fois-ci).

Un livre, une journée… c’est ce qu’il m’aura fallu pour lire les 381 pages du roman et autant vous dire que je n’ai pas vu le temps passé. Je ne vais pas aller jusqu’à dire que ce fut exceptionnel mais j’ai passé un très agréable moment, me plongeant complètement dans l’histoire au bout de quelques chapitres.
Concrètement, Le dernier elfe se compose de deux parties, Le dernier elfe et Le dernier dragon, la première étant de moitié plus courte que la seconde.

Il est évident, dès les premières pages, que nous sommes en présence d’un livre jeunesse, peut-être même un peu trop. En effet, j’ai parfois tiqué sur la simplicité de certains éléments, qu’ils soient narratifs ou linguistiques. Toutefois je me suis rapidement habituée à ce fait et ai enchaîné les pages les unes après les autres jusqu’à la dernière, profitant simplement du monde offert par l’auteur.

Toute la première partie est particulièrement sombre. Le monde est en effet soumis à une sorte de pluie sempiternelle qui noie progressivement le monde. Autant vous dire que les personnages vont évoluer dans la boue, l’humidité, l’obscurité ou tout du moins sous un ciel plus que couvert lorsqu’il fait « jour ». Pas joyeux tout ça… et encore moins joyeux quand on apprend au fil des pages l’histoire du héros, Yorsh (je vous passe son nom complet qui fait pas loin d’une demi ligne et pour lequel l’auteur à du s’éclater comme une folle), ce petit enfant elfe. Silvana de Mari écrit peut-être du jeunesse, mais elle est loin d’être tendre avec ses personnages !
Dans son univers, les elfes ont été parqués dans des sortes de réserves, perdant progressivement leurs pouvoirs en même temps que leur liberté, et ont lentement tous péris les uns après les autres. Yorsh est le dernier de tous car sa grand-mère, sa seule famille, l’a forcé à partir, s’enfuir, à la laisser derrière car elle ne peut pas le suivre et qu’il a des choses à accomplir. Il a au début de l’histoire à peine quelques années, 4 ou 5 je ne me souviens plus. Autant vous dire que de voir se petit bout trébucher dans le froid, l’eau et être dévorer par la faim, ça vous retourne un peu les tripes. L’auteur développe d’ailleurs à fond ces aspects – manière de mettre bien la pression sur le lecteur – avant de faire rencontrer à son petit héros, Sajra, une femme qui vit toute seule avec son chien sans nom (que Yorsh va essayer de nommer tout au long de la partie), puis de leur faire rencontrer le chasseur dont j’ai perdu le nom. D’ailleurs, maintenant que j’y repense et que je feuillette le livre, il s’avère que l’auteur nomme assez rarement ses personnages dans la première partie, les appelant surtout l’elfe, la femme et l’homme. Tous les trois vont continuer leur chemin ensemble jusqu’à la ville de Daligar où ils vont trouver une prophétie. Va s’en suivre la poursuite de la quête du dragon et je m’arrête là avec le spoil de la première partie. Autant vous dire qu’on retrouve tous les éléments d’un ouvrage classique de fantasy, mais adapté au format jeunesse avec une petite nuance que j’ai aimé… L’idée de la fatalité et de destin qu’on retrouve souvent est ici présente certes, mais avec cette conclusion que rien n’est figé et que ce sont les personnages qui font et choisissent leur destin malgré toutes les prophéties.

Il y a des petits points dans cette première partie qui donne un peu de comique, qui atténue l’effet dramatique de la situation, notamment quand ils rencontrent un nouveau personnage qui découvre que l’homme et la femme voyagent avec un elfe, ce qui est plus que prohiber. Dans ces moments c’est toujours le même dialogue qui s’enchaîne entre le nouveau, la femme, l’homme puis l’elfe :

«  – C’est un elfe ?
– Oui c’est un elfe.
– un gamin.
– un né depuis peu. »

Ce n’est pas grand chose mais ça suffit à faire un chouill’ sourire le lecteur dès qu’il a remarqué cette répétition volontaire. Du coup la tension diminue un peu et permet de souffler un peu.

Dans les autres petites choses qui m’ont fait sourire, je peux vous citer le coup de farcir des elfes et des les manger avec du romarin qui n’a pas été sans me rappeler une certaine chanson où il est question de farcir de elfes avec des pommes… aucun rapport de référence directe mais dans ma petite tête le lien s’est tissé. Il y a aussi ce truc avec les titres à rallonge de personnages que Yorsh prend pour leur nom et qui donnent lieu des événements assez cocasses.

La seconde partie, comme son nom l’indique, va nous parler de la relation entre Yorsh, le dernier elfe, et le dernier – les derniers – dragon -s.
Autant vous dire que les amateurs de livres et les avides de connaissances ne pourront que baver devant la description de la caverne du dragon. Caverne de dragon ou plutôt grande bibliothèque puisque c’est de cela dont il s’agit. Oui cela peut paraître bizarre de faire d’un tel lieu l’antre d’une créature de feu mais c’est un joli coup de l’auteur pour la suite de l’histoire.

Sans doute parce qu’elle est plus développée, c’est cette partie que j’ai le plus aimé. Elle est à mon sens plus rythmée et plus vive et, contrairement à la première qui fait suivre les aspects « sentiments » aux aspects «  actions », elle mêle complémentent ses deux pôles.

10 ans se sont passés entre les deux parties et Yorsh est devenu un ado. Sarja et l’homme sont repartis et ont « disparus » de l’histoire. L’elfe quant à lui est resté avec le dragon Monser et passe son temps à veiller sur lui et à lire les merveilles de sa bibliothèque jusqu’à ce que tout bascule à nouveau, lorsque le dragon fait son dernier vol et laisse à Yorsh la charge d’un œuf de dragon qui éclora et révélera Erbow, le dernier dragon que l’elfe devra élever. Autant vous dire que le côté tragique du début est à ce moment là à mille lieux tant les situations cocasses se suivent… en même temps imaginez un elfe essayer d’élever un dragon !

En parallèle on suit l’histoire de Robi, une jeune fille dans un orphelinat d’un genre particulier qui tient plus du camps dans lequel on enferme et exploite les enfants d’ennemis de Daligar. Les gérants on un petit côté fratrie Carrow de Harry Potter version fanfiction (honnêtement je ne me souviens plus à quoi ils ressemblent bien dans le roman).

Bien évidement les deux histoires vont finir par se rejoindre et je n’en dis pas plus.

Cette partie est plus riche que la précédente et plus légère d’une certaine manière, mais elle contient aussi son lot d’éléments difficiles. Autant vous dire que des larmes, j’en ai versé !

J’ai également peut être préféré cette partie car elle vraiment axé sur l’apprentissage, le fait de grandir. Des problématiques typiques de la littérature « Young Adult » y sont développées. Les personnages se trompent, essaient, se trompent encore, réfléchissent, se trompent, essaient encore et finissent par trouver une solution, des solutions. Ils vivent tout simplement. Rien n’est facile et ces jeunes que sont Yorsh et Robi doivent jongler avec un peu tout ce qui leur tombe dessus.

Les personnages sont tous assez bien travaillés et j’ai aimé retrouvé des traits qui n’étaient ni forcés ni improbables. Leurs sentiments et leurs évolutions sont tout ce qu’il y a de plus logiques et suivent un développement qui permet au lecteur d’avoir le temps d’assimiler aussi bien les histoires relationnelles que les histoires fictionnelles. Ils ne sont pas des plus marquants, mais suffisent au roman.

D’un point de vue descriptif, je n’ai eu aucun mal à imaginer l’univers décrit. J’ai déjà parlé de l’aspect du monde lors de la première partie, je n’y reviendrais donc pas. Lors de la seconde, plus d’aspect apocalyptique, mais que ce soit la caverne, les montagnes, les bois, la mer…. tout est juste mentionné comme il faut pour que le lecteur voit les images derrières les mots.

Petit mot sur la magie dans l’ouvrage.Bien que présente, elle est pourtant assez peu développée. Juste assez pour sortir les personnages de mauvais pas via les facultés de Yorsh – peut-être un peu trop facilement parfois – mais aussi ce qu’il faut pour les mettre dans une mauvaise passe comme quand Yorsh ressuscite des animaux sans se soucier des conséquences (un repas qui file, des gens qui le voient faire et sont effrayés et le dénoncent…)

Enfin, je terminerais par les nombreuses illustrations, signées Gianni de Conno, parsemées dans tout le livre. Elles sont juste superbes et faites de manière à ce qu’on les croirait un peu comme des aquarelles ou des lavis. Dommage qu’elles soient en noir&blanc car de ce que j’ai pu voir du travail de l’illustrateur, ses couleurs sont toujours délicieuses.

 

Au final, Le dernier elfe est une charmante petite lecture de fantasy jeunesse qui m’a laissé sur une bonne impression même si les souvenirs précis sont assez flous. J’ai aimé découvrir un nouvel univers, et en un seul tome, me prendre de sympathie et d’empathie – à défaut de passion – pour les personnages et les histoires.

¤ Conseil

Pour une petite lecture fantasy détente

 

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