E.L. James, 50 nuances plus sombres

¤ E. L. James
50 nuances de Grey,
50 nuances plus sombres tome 2, 2011
J.C. Lattès, 2013
Traduction de Aurélie Tronchet

¤ 4ème de couverture

Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d’éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu’il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister. Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux M. Cinquante Nuances, toujours aussi passionné. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie.
EL James, ancienne productrice de télévision, mariée et mère de deux enfants, vit à Londres. Depuis sa plus tendre enfance, elle rêvait d’écrire des récits dont les lecteurs tomberaient amoureux, mais avait mis ces rêves entre parenthèses pour se consacrer à sa famille et à sa carrière.
¤Avis

Bon je ne vais pas en écrire une tartine… Ce tome 2 ne m’a pas plus convaincu que le premier. Pas si pire, mais vraiment pas si bien, je dirais même en dessous du tome 1. Décidément je ne comprend pas le buzz autour de cette trilogie. Tant mieux pour l’auteur qu’elle ait autant fonctionné, mais concrètement il semble évident que la masse ne cherche pas la qualité qu’elle qu’elle soit et la délaisse au profit du phénomène people et mouuuuutonnnnn (imitation écrite d’un bêlement) véhiculé par des média qui s’improvise tout d’un coup spécialiste en tout ce que vous voulez.

 
Déjà dans le tome 1 je n’étais pas fan des personnages, et bien là… c’est pareil. Entre temps ils ne se sont pas améliorés, c’est le cas de le dire. Bon il est aussi vrai qu’il ne s’écoule pas une semaine entre les deux opus ce qui est assez court pour une franche évolution des personnages… peut-être peut-on reconnaître au moins cette logique ?

Ana est particulièrement énervante avec ses côtés « maintenant je suis une grande fille. Je vais explorer et accepter mon côté sombre parce qu’en fait j’aime quand il me donne la fessé, mais pas quand ça fait trop mal » « oh je l’aime, je l’aime, je l’aime… qu’est ce que je l’aime. Oh mon dieu ! je l’aime ». Ok c’est mignon pendant un temps parce que bien sûr qu’elle l’aime son Christian, le lecteur le sait depuis le premier tome. Ça a même un petit quelque chose de choupi, mais là… trop trop et trop. Si dans le dans le premier opus on avait des scènes de sexe toutes les 10 pages et bien là ce sont des passages de sucre guimauve dégoulinant de « je l’aime » qui pullulent. Yiiik. A petite dose oui, parce que soyons honnête quand on commence une relation amoureuse on est tous en mode bisounours, or dans 50 nuances plus sombres je n’ai pas retrouvé cet aspect « lune de miel » tant la tartine de miel était écœurante. De quoi dégoûter de toute relation…. Bon je suis un peu violente quand même, mais l’idée est là.
La seule chose que j’ai un peu apprécié chez elle est l’aspect « terrorisée » de sa jalousie, face à Mrs Robinson et la folle dont j’ai oublié le nom. Enfin une réaction qui me semble à peu prêt plausible. On sent vraiment son angoisse de ne pas être à la hauteur, de se faire plaquer et tout et tout et petit plus : même si c’est très présent je n’ai pas trouvé ça redondant !
En revanche son côté révolté quand à la relation passé entre Christian et Mrs Robinson m’a franchement tapé sur les nerfs. ‘fin il n’avait pas non plus 10 ans… (ou alors c’est parce que j’ai lu des trucs tellement plus glauques que ce point ne me fait plus vraiment d’effet, d’autant que Christian explique plutôt bien les tenants de cette relation passée)

Christian – puisqu’on parle de lui – n’est pas si pire. Ok c’est toujours le même macho jaloux-possessif-excessif, mais il travaille là-dessus… un peu au moins. Effectivement quand il achète tous les portraits très grand format d’Ana que José à exposé c’est aberrant, mais au final pas plus que la baraque ou la voiture… Il est un chouilla moins en mode espionnage de chacun de ses faits et gestes et plus dans une optique de protection. Attention je ne dis pas que je valide ce genre de comportement, juste qu’il y a un petit peu de progrès et j’avoue que le passage de sa folle d’ex à l’appartement d’Ana, ainsi que celui du conflit avec le patron de la maison d’édition me l’ont rendu presque sympathique.
En revanche, l’auteur aurait pu nous épargner un peu de pathos. Non parce que le coup du beau gosse riche à souhait, intelligent, au passé d’enfant non désiré, maltraité quasi à mort par une toxico de mère, qui se fait adopter par de gentils gens riches qui vont lui offrir un vrai foyer, mais qui va vivre une adolescence très difficile et entretenir une relation peu conventionnelle avec une amie de sa mère…. ça fait un peu beaucoup !

Concrètement il n’y a rien à dire sur les personnages secondaires qui n’évoluent pas et sont assez peu présents. J’aime bien ce qui se dégage peu à peu de Taylor. Il est discret, mais s’ouvre au fil des pages. On a un peu plus de renseignement sur la fameuse Mrs Robinson mais c’est du cliché, la famille même de Christian sont tout ce qu’il y a de lisses et attendus et nous n’avons quasiment rien sur les Kate et les parents d’Ana.

 
Du côté de l’intrigue ce n’est guère plus brillant. En rédigeant cette partie de l’avis, bien deux mois après ma lecture, je me rend compte à quel point c’est insipide. Le bouquin est un beau pavé (594 pages), mais hormis quelques scènes, il ne me reste rien de ma lecture… J’aime bien quand l’auteur maltraite le lecteur, le torture en le faisant angoisser pour les personnages, bref vivre l’histoire et là… et bien rien de tout ça… On a un chouill’ peur quand la folle est à l’appartement – pas pour Ana mais pour le frère de Kate qui est au abonné absent – ou encore quand l’hélicoptère de Christian est porté disparu, mais ça ne dure jamais longtemps. Franchement, j’ai à peine eu le temps de me sentir noué que c’était fini et que tout allait bien… Ce qu’il se passe le reste du temps ? Les lamentations d’Ana et ce pseudo mélodrame…
 
Au final, je retombe une sur mes conclusion du premier tome, tout est mal dosé. Il y avait je pense du potentiel pour faire quelque chose de bien, mais qui n’a pas été exploité comme il faut et de manière attractive. Ce qui est certain c’est que je lirais le troisième et dernier tome quand je le trouverais en pas cher (donc max 2 ou 3 euro) car je n’aime pas rester sur de l’inachevé, mais je n’irais pas dépenser 10 euro pour ça.
 
 
 ¤ Conseil 
Par curiosité et pour se faire son propre avis oui, mais pas nécessaire.
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Un commentaire pour E.L. James, 50 nuances plus sombres

  1. Raf Ragami dit :

    « You like pain / But only if it doesn’t hurt too much » – Alanis Morrissette se moquait-elle déjà d’Ana ? Je cite de mémoire, c’est dans l’une de ses chansons.

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